El Niño est de retour et menace d’aggraver le réchauffement
El Niño, le phénomène climatique qui réchauffe les températures dans le Pacifique équatorial, a officiellement commencé. Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme : ce retour pourrait propulser 2024 vers des records de chaleur jamais observés.
Un phénomène aux conséquences mondiales
Les données satellitaires et les bouées océaniques confirment que les eaux de surface du Pacifique équatorial ont franchi le seuil critique de 0,5°C au-dessus de la normale. C’est ce réchauffement, qui s’étend sur des milliers de kilomètres, qui caractérise le début d’El Niño. Mais cette fois, il survient dans un contexte déjà préoccupant : la planète vient d’enchaîner douze mois parmi les plus chauds jamais enregistrés.
Les conséquences ne se limitent pas au Pacifique. El Niño redistribue la chaleur à l’échelle globale, perturbant les régimes de pluies et les températures sur tous les continents. L’Australie s’attend à une sécheresse accrue, tandis que l’Amérique du Sud pourrait subir des inondations dévastatrices. Et l’Asie du Sud-Est risque des moussons affaiblies, menaçant les récoltes de riz dont dépendent des millions de personnes.
Des impacts déjà visibles
Au Pérou, les pêcheurs rapportent une raréfaction inquiétante des anchois, poissons qui fuient les eaux trop chaudes. C’est le premier signe tangible qu’El Niño perturbe les écosystèmes marins. Les coraux de la Grande Barrière australienne, déjà fragilisés par des épisodes de blanchissement répétés, font face à une nouvelle menace existentielle.
Selon l’Organisation météorologique mondiale, „il y a désormais 90% de probabilité que ce phénomène persiste jusqu’à la fin de l’année, avec une intensité qui pourrait rivaliser avec les épisodes majeurs de 1997-1998 et 2015-2016.”
Une addition avec le changement climatique
Ce qui inquiète particulièrement les climatologues, c’est la superposition d’El Niño avec le réchauffement climatique d’origine humaine. Les deux phénomènes s’additionnent. Alors que la température mondiale a déjà grimpé de 1,2°C depuis l’ère préindustrielle, El Niño pourrait ajouter temporairement 0,2°C supplémentaires.
Les modèles climatiques suggèrent que certaines régions tropicales pourraient dépasser les 1,5°C de réchauffement, ce seuil symbolique fixé par l’Accord de Paris. Yet il ne s’agirait que d’un avant-goût de ce qui nous attend si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas rapidement.
Les gouvernements doivent maintenant se préparer. L’anticipation des sécheresses, des inondations et des vagues de chaleur devient prioritaire pour limiter les pertes humaines et économiques dans les mois à venir.
