Christian Lambert, ancien patron du RAID, est décédé
Christian Lambert, ancien directeur du RAID et figure tutélaire de la police nationale française, est mort. Celui que ses pairs surnommaient le « grand flic » avait marqué l’institution par une carrière hors du commun, couronnée notamment par l’arrestation spectaculaire d’Yvan Colonna en 2003, le nationaliste corse condamné pour l’assassinat du préfet Claude Érignac.
Une carrière construite sur le terrain
Lambert n’était pas un homme de bureau. Il avait gravi les échelons de la police nationale en se frottant aux opérations les plus risquées, accumulant une expertise rare dans la gestion des crises hostages et des interventions armées. Il a pris la tête du RAID — l’unité d’élite de la police nationale créée en 1985 — à une époque où la France faisait face à une menace terroriste interne persistente. Sous sa direction, l’unité a consolidé sa réputation d’efficacité et de sang-froid.
Il avait intégré le RAID dès ses premières années d’existence et en était devenu l’une des figures les plus emblématiques avant d’en prendre la tête. Trente ans de carrière. Des centaines d’interventions.
L’arrestation d’Yvan Colonna, moment historique
C’est l’opération dont on se souvient le plus. En juillet 2003, après plus de quatre ans de cavale, Yvan Colonna est localisé dans une bergerie de Tasso, en Corse-du-Sud. C’est Christian Lambert qui supervise l’arrestation sur le terrain. L’opération est menée avec une précision chirurgicale : aucun coup de feu, aucun blessé. Colonna est cueilli presque sans résistance par les hommes du RAID.
« Il avait cette capacité rare d’anticiper les réactions humaines sous pression, ce qui lui permettait de désamorcer les situations avant qu’elles ne dégénèrent », a déclaré un ancien responsable de la direction générale de la police nationale.
Un héritage qui dépasse le RAID
Après avoir quitté la tête de l’unité d’élite, Lambert n’a pas disparu des radars. Il s’est impliqué dans la formation des cadres policiers et a contribué à plusieurs réflexions institutionnelles sur la doctrine d’intervention en France. Son nom reste une référence dans les écoles de police.
But au-delà des opérations, c’est son style de commandement qui a marqué les esprits. Exigeant mais jamais distant, il maintenait un lien direct avec ses hommes sur le terrain.
Une institution en deuil
La nouvelle de sa disparition a provoqué une vague d’hommages au sein de la police nationale. Des anciens du RAID, des commissaires, des officiers de toutes générations ont salué sa mémoire sur les réseaux sociaux et dans les couloirs de la place Beauvau.
And si son nom reste attaché à l’arrestation de Colonna, Christian Lambert c’est surtout une vision de la police : rigoureuse, humaine, professionnelle. Une vision dont la France aura encore besoin longtemps.
