CAC 40 reprend des couleurs : Publicis grimpe, Ipsen plonge sur les rides du lion
La Bourse de Paris a repris quelques couleurs ce lundi 18 mai 2026, après une semaine difficile qui avait vu le CAC 40 clôturer vendredi sous les 8 000 points. L’indice phare parisien évolue autour des 8 000 points, avec deux mouvements individuels spectaculaires en sens inverse : Publicis qui poursuit sa série haussière, et Ipsen qui s’effondre de plus de six points malgré des résultats médicaux jugés positifs sur le papier.
Ipsen plonge de 6,69 % sur les rides du lion
Le laboratoire pharmaceutique Ipsen a chuté de 6,69 % à 154,80 € en Bourse ce lundi après la présentation de nouvelles données cliniques sur sa molécule contre les rides du lion — ces rides situées entre les sourcils, marqueur de l’agacement dans la sémiologie esthétique. Les résultats médicaux sont positifs sur le papier : le traitement agit rapidement et semble durer dans le temps. Mais les investisseurs jugent que les données ne suffisent pas à justifier les espoirs placés dans cette molécule, jugée stratégique pour la diversification du groupe vers le segment de la médecine esthétique.
Publicis Groupe : la prime à la patience
À l’inverse, Publicis Groupe a continué de grimper lundi, poursuivant une dynamique haussière entamée depuis le début de l’année. Les analystes de Goldman Sachs estiment qu’« un retour à la croissance pourrait apparaître au second semestre 2026 » pour le groupe de communication français, qui revient progressivement de plusieurs années difficiles. La direction « assure voir une amélioration progressive dans certaines activités plus spécialisées, comme l’interprétariat à distance ». L’action Publicis a progressé de +22 % depuis le début de l’année 2026 malgré une valorisation historiquement basse.
Le contexte macroéconomique français
Le rebond technique de lundi se déroule dans un contexte macroéconomique français durci. L’inflation annuelle en France a accéléré à 2,2 % en avril 2026 (contre 1,7 % en mars), son plus haut niveau depuis juillet 2024, sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie liée à la guerre en Iran et à la fermeture partielle du détroit d’Ormuz. Le taux de chômage a atteint 8,1 % au premier trimestre 2026, son plus haut niveau sur cinq ans, au-dessus des attentes des économistes (7,8 %).
Le plan Bayrou « année blanche » continue de peser
Sur le front budgétaire, le plan Bayrou présenté le 15 juillet 2025 — qui prévoit 43,8 milliards d’euros d’économies en 2026 via le gel des prestations sociales, le gel du barème de l’impôt sur le revenu et le gel des pensions de retraite — continue de peser sur le moral des ménages. Selon l’OFCE, « près de 10 millions de ménages dont la personne de référence est retraitée perdront environ 1 % de leur niveau de vie » en raison de l’année blanche. L’érosion du pouvoir d’achat se répercute mécaniquement sur la consommation des valeurs cycliques cotées : LVMH, Hermès et Kering subissent l’aversion au risque liée au Moyen-Orient et aux ménages plus prudents.
Le compte à rebours BCE
La Banque centrale européenne tient sa prochaine réunion les 4-5 juin 2026. Présidente Christine Lagarde, à l’issue de la réunion du 30 avril, a explicitement laissé la porte ouverte à une réévaluation de la posture en six semaines. Bloomberg, dans son enquête auprès de 32 économistes, voit désormais deux hausses de 25 points de base d’ici septembre si le conflit en Iran n’a pas pris fin — un revirement net par rapport au consensus de décembre 2025, qui anticipait au contraire des baisses continues.
Les valeurs à suivre
Au-delà du duel Publicis-Ipsen, plusieurs titres ont retenu l’attention lundi. BNP Paribas (+1,1 %) et Crédit Agricole (+0,6 %) profitent de la pentification de la courbe des taux. Airbus (+0,5 %) et Legrand (+1,4 %) progressent à la faveur du contexte industriel européen. TotalEnergies reste soutenue par la flambée énergétique, avec des résultats records confirmés en avril. Le secteur du luxe, en revanche, reste sous pression.
L’agenda de la semaine
Le rendez-vous principal de la semaine sur le CAC 40 sera mardi soir, après Bourse, avec la publication des comptes du premier trimestre d’Euronext — dernière grande publication trimestrielle de l’indice phare parisien. Mardi également, Aramis publiera ses chiffres trimestriels. Mercredi soir, à Wall Street, les résultats de Nvidia seront scrutés pour jauger la solidité de la dynamique de l’IA. Vendredi, l’indice Ifo allemand (moral des entreprises) et l’indice de l’Université du Michigan (confiance des ménages américains) prendront le relais. Pour la France, le rendez-vous structurant reste la présentation du projet de loi de finances 2027 prévue à l’automne — un texte que le gouvernement Lecornu devra défendre devant une Assemblée fragmentée et à treize mois de la présidentielle.
