Regain des hostilités Iran-États-Unis avant les funérailles de Khamenei

Le Moyen-Orient bascule à nouveau dans la violence. Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’armée américaine a conduit une série de frappes contre des positions iraniennes, officiellement pour garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz — une voie stratégique par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial. La réponse de Téhéran n’a pas tardé : des missiles et drones ont visé des installations dans trois pays du Golfe, le Koweït, le Qatar et Bahreïn, où sont stationnées des troupes et des bases américaines.

Tout cela survient à quelques jours à peine de l’inhumation du Guide suprême Ali Khamenei, mort la semaine dernière à l’âge de 85 ans, dans un contexte déjà explosif.

Une nuit de frappes qui change la donne

Selon le Pentagone, les frappes américaines ont ciblé au moins cinq sites liés aux Gardiens de la révolution iranienne, dont deux positions de missiles balistiques côtiers qui menaçaient directement le trafic maritime. Washington a confirmé l’opération jeudi matin, affirmant qu’elle visait à « protéger les voies commerciales internationales ». Côté iranien, les Gardiens ont revendiqué avoir tiré plus de 40 projectiles en direction de bases américaines dans la région, faisant état de dégâts matériels à Bahreïn mais sans préciser le nombre de victimes.

« Nous ne laisserons aucune agression sans réponse, quelle qu’en soit l’origine », a déclaré un haut responsable militaire iranien cité par l’agence Fars News.

Israël prêt à frapper « une troisième fois »

Le ministre israélien de la Défense n’a pas mâché ses mots. Dans une déclaration publiée jeudi matin, il a affirmé qu’Israël était « pleinement prêt à attaquer l’Iran une troisième fois si nécessaire ». Une mise en garde qui intervient alors que les deux précédentes séquences d’échanges de frappes, en avril et en octobre 2024, avaient déjà failli faire dégénérer la situation. Cette fois, le contexte est encore plus instable : le pouvoir iranien traverse une période de transition inédite depuis la mort de Khamenei.

Le timing n’est pas anodin. La cérémonie d’inhumation du Guide suprême est prévue dans les prochains jours à Téhéran, et toute nouvelle escalade militaire risque de compliquer dangereusement la succession politique en cours.

Le Golfe en état d’alerte maximale

Le Koweït, le Qatar et Bahreïn ont immédiatement convoqué les ambassadeurs iraniens. Le Qatar a fermé temporairement l’espace aérien au-dessus de sa capitale Doha pendant près de trois heures dans la nuit de mercredi. Des vols civils ont été détournés vers Dubaï et Mascate. La base aérienne américaine d’Al-Udeid, la plus grande du Moyen-Orient avec quelque 10 000 soldats américains, aurait été visée sans être touchée, selon un porte-parole militaire américain.

Les marchés pétroliers ont réagi dès l’ouverture : le baril de Brent grimpait de 4,7 % jeudi matin, frôlant les 96 dollars.

Personne, pour l’heure, ne semble vouloir négocier. Et avec une Iran en pleine vacance du pouvoir et une administration américaine sous pression électorale, les prochaines 72 heures s’annoncent décisives.

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