Canicules en Inde : 30 000 morts en cinq jours, un bilan apocalyptique
En cinq jours seulement, la chaleur a tué. Trente mille personnes. Ce chiffre brutal, confirmé par des sources officielles indiennes, résume à lui seul l’ampleur d’une catastrophe sanitaire qui frappe l’Inde de plein fouet alors que les températures ont dépassé les 50°C dans plusieurs États du nord du pays, dont l’Uttar Pradesh et le Rajasthan.
Des températures records qui paralysent le pays
Depuis le début du mois de juin, l’Inde suffoque. Les météorologues du département national de météorologie ont enregistré des pics à 52,3°C à Phalodi, dans le Rajasthan, battant des records vieux de plusieurs décennies. But ce n’t est pas seulement la chaleur brute qui tue. C’est la combinaison mortelle d’un taux d’humidité élevé, de nuits qui ne rafraîchissent plus, et d’une population en grande partie privée d’accès à l’électricité et aux climatiseurs. Les coupures de courant durent jusqu’à 14 heures par jour dans certaines zones rurales.
Les hôpitaux sont débordés. À Patna, capitale du Bihar, les services d’urgence ont reçu plus de 800 patients en état d’hyperthermie sévère en une seule journée. Les médecins parlent de scènes qu’ils n’avaient jamais vues.
Les plus vulnérables, premières victimes
Ce sont les travailleurs agricoles, les personnes âgées et les sans-abri qui paient le prix le plus lourd. Des hommes et des femmes qui n’ont pas le luxe de rester chez eux. Ils travaillent dans les champs dès l’aube, sous un soleil qui brûle dès 8 heures du matin. And quand ils tombent, c’est souvent trop tard.
Selon une source au sein du ministère de la Santé indien, « les capacités d’accueil médicales dans les districts ruraux sont totalement insuffisantes face à un afflux aussi massif ». Le gouvernement a déployé des équipes médicales mobiles, mais logistiquement, l’effort reste dérisoire face à l’étendue du territoire.
Le changement climatique, toile de fond d’une crise annoncée
Les scientifiques ne sont pas surpris. Pas vraiment. Les modèles climatiques prédisaient depuis des années que l’Inde deviendrait l’un des pays les plus exposés aux extrêmes thermiques d’ici 2030. On y est presque. Les canicules qui survenaient tous les vingt ans surviennent désormais tous les cinq ans, voire moins.
Still, le gouvernement indien tarde à mettre en place des plans d’adaptation structurels. Les crédits alloués aux systèmes d’alerte précoce et aux refuges climatisés dans les zones défavorisées restent insuffisants au regard de l’urgence.
Et maintenant ?
La mousson, attendue d’ici mi-juillet dans le nord du pays, devrait apporter un répit. Mais pour des dizaines de milliers de familles, elle arrive trop tard. Le bilan humain pourrait encore s’alourdir dans les prochains jours, préviennent les épidémiologistes, si aucune mesure d’urgence supplémentaire n’est déployée rapidement.
Cette catastrophe oblige désormais l’Inde à poser une question que le monde entier devra bientôt affronter : combien de morts faudra-t-il pour que la chaleur soit enfin traitée comme l’urgence qu’elle est ?
