Xenia Fedorova : la France gèle les avoirs de la chroniqueuse pro-Kremlin
La France a décidé de frapper fort. Le gouvernement français a officiellement gelé les avoirs de Xenia Fedorova, visage emblématique de la chaîne de télévision russe RT France et figure médiatique proche du Kremlin. Une mesure qui s’inscrit dans le cadre des sanctions européennes liées à la guerre en Ukraine, et que l’intéressée ne compte pas accepter sans se défendre.
Une décision qui tombe comme un couperet
Le décret a été publié au Journal officiel cette semaine. Concrètement, tous les avoirs détenus par Fedorova sur le territoire français sont désormais bloqués — comptes bancaires, biens immobiliers, placements financiers. La mesure s’appuie sur le règlement européen n°833/2014, modifié à plusieurs reprises depuis février 2022 pour étendre les sanctions contre des personnalités jugées liées à la propagande russe.
Fedorova, 41 ans, a longtemps été le visage de RT en France avant que la chaîne ne soit interdite de diffusion sur le territoire européen en mars 2022, quelques jours après le début de l’invasion de l’Ukraine. Elle continue néanmoins d’exercer une influence médiatique notable, notamment via les réseaux sociaux.
Fedorova dénonce une «pression politique»
La réaction ne s’est pas fait attendre. Dans une déclaration publiée en ligne, Xenia Fedorova a vigoureusement contesté la décision française, la qualifiant de «pression politique» et de tentative d’intimidation à son égard. Elle affirme n’avoir commis aucune infraction légale et promet de recourir à tous les moyens juridiques disponibles pour contester le gel de ses avoirs.
«C’est une attaque contre la liberté d’expression, pas contre une personne», a-t-elle écrit, ajoutant qu’elle ne se laisserait pas «réduire au silence».
But pour Paris, le message est clair : financer ou relayer la propagande russe a un coût.
Un contexte de durcissement des sanctions
Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large. Depuis 2022, l’Union européenne a adopté pas moins de quatorze paquets de sanctions contre la Russie, ciblant progressivement non seulement les oligarques et les responsables politiques, mais aussi les acteurs médiatiques jugés proches du pouvoir russe. La France, qui s’est montrée particulièrement active sur ce front ces derniers mois, a déjà sanctionné plusieurs dizaines de personnalités dans ce cadre.
Un responsable du ministère des Affaires étrangères, sous couvert d’anonymat, a confié : «Ces mesures ne sont pas anecdotiques. Elles visent à tarir les ressources de ceux qui contribuent à alimenter un narratif de guerre depuis le sol européen.»
Still, la frontière entre journalisme et propagande reste un sujet de débat juridique sensible, y compris au sein des institutions européennes elles-mêmes.
La suite : un recours juridique annoncé
Fedorova a indiqué qu’elle mandate des avocats français et européens pour contester la mesure devant les juridictions compétentes, potentiellement jusqu’à la Cour de justice de l’Union européenne. Une procédure qui pourrait prendre des mois, voire des années. Et qui, quelle qu’en soit l’issue, promet de raviver le débat sur les limites des sanctions et la liberté de la presse en temps de guerre.
