Attaque en Syrie : Damas cherche à désamorcer les tensions avec Israël
La Syrie a affirmé dimanche vouloir rester à l’écart du bras de fer entre Israël et la Turquie, au lendemain d’une frappe israélienne contre une base militaire sur son territoire. Des discussions de haut niveau ont eu lieu en Jordanie, sous parrainage américain, pour tenter d’éviter une escalade dans une région déjà sous haute tension.
Une frappe pour bloquer un déploiement turc
Selon des sources proches du dossier, l’armée israélienne a frappé dimanche matin une installation militaire dans le centre de la Syrie, ciblant spécifiquement des équipements destinés à un déploiement de forces turques. L’attaque a eu lieu vers 4h30 du matin, heure locale, et n’aurait fait aucune victime selon les premières évaluations. Israël, qui n’a pas officiellement revendiqué l’opération — une habitude bien rodée pour Tel-Aviv —, considère toute présence militaire turque en Syrie comme une menace directe à sa sécurité dans la région.
La Turquie, elle, a vivement protesté, qualifiant la frappe d’« acte d’agression injustifiable ». Ankara et Damas travaillaient depuis plusieurs semaines à un accord de coopération sécuritaire, dont les contours précis restaient flous jusqu’ici.
Damas mise sur la désescalade
C’est dans ce contexte explosif que la rencontre jordanienne a pris toute son importance. Des délégués syriens et israéliens, accompagnés d’un représentant du département d’État américain, ont échangé pendant près de six heures à Amman. Un diplomate présent dans les couloirs des négociations a confié : « Les deux parties ont montré une volonté réelle de ne pas laisser cet incident dégénérer. »
Damas a été clair sur un point : le gouvernement syrien ne souhaite pas devenir le théâtre d’un conflit par procuration entre ses deux voisins. Still, la position est délicate. La Syrie dépend en partie du soutien turc pour sa reconstruction économique, et ne peut se permettre de froisser Ankara. But elle craint aussi les représailles israéliennes, dont elle a fait les frais à de nombreuses reprises ces dernières années — plus de 300 frappes israéliennes ont été recensées en Syrie depuis 2020.
Un équilibre impossible à tenir ?
La Syrie marche sur un fil. D’un côté, Ankara pèse lourd dans les négociations de paix et le retour des réfugiés. De l’autre, Israël dispose d’une supériorité aérienne écrasante et n’hésite pas à l’utiliser.
Yet Damas semble avoir trouvé, au moins provisoirement, un message qui convient aux deux camps : la neutralité. Reste à savoir si cette posture tiendra dans la durée.
La suite des négociations incertaine
Une deuxième session de discussions pourrait se tenir dès la semaine prochaine, toujours à Amman. Les États-Unis auraient proposé de servir de garants d’un accord informel de non-hostilité entre Damas et Tel-Aviv. So les prochains jours seront décisifs pour mesurer la solidité de ces engagements verbaux — et pour savoir si la Syrie peut réellement rester en dehors d’une confrontation qui, pour l’instant, la concerne malgré elle.
