Un électeur glisse une enveloppe de vote dans l'urne d'un bureau de vote

AfD : quel parti français a félicité sa victoire aux législatives allemandes ?

Quand l’AfD a remporté les élections législatives allemandes avec près de 20,8 % des voix le 23 février dernier, la quasi-totalité de la classe politique française a gardé le silence, ou presque. Un seul parti a choisi de saluer publiquement ce résultat historique pour l’extrême droite allemande. Et ce n’est pas le Rassemblement national.

La surprise est venue de La France insoumise

C’est bien LFI qui a décidé de réagir, non pas pour condamner la montée de l’AfD, mais pour en analyser les causes d’une manière qui ressemble fort à une forme de compréhension bienveillante. Plusieurs figures du mouvement de Jean-Luc Mélenchon ont pointé du doigt la politique économique européenne et le soutien à l’Ukraine comme facteurs explicatifs du vote allemand. Une posture qui a immédiatement déclenché une vague de critiques.

Le député LFI Alexis Corbière avait pourtant tenté une mise au point sur les réseaux sociaux, affirmant que son parti « ne félicite pas l’AfD », mais que les résultats « interpellent sur les conséquences sociales des politiques austéritaires ». Trop tard. Le mal était fait.

Le RN, lui, s’est montré étonnamment discret

C’est là que réside le vrai paradoxe. Marine Le Pen et ses proches ont évité soigneusement de commenter la victoire d’un parti avec lequel le RN a pourtant partagé un groupe européen jusqu’en 2024. La rupture consommée entre les deux formations — Jordan Bardella avait claqué la porte en juillet dernier, jugeant l’AfD « trop radicale » — explique en partie cette réserve calculée.

Still, cela ne manque pas de sel politique. Le parti qui aurait logiquement dû se réjouir s’est tu, pendant que celui qu’on attendait le moins a alimenté la polémique.

Une controverse qui révèle des fractures profondes

Cette séquence a mis en lumière les contradictions internes de la gauche française face au populisme européen. Car LFI entretient depuis des années une relation ambiguë avec certains mouvements souverainistes, au nom d’une critique commune de l’Union européenne et de l’OTAN. Une ligne qui brouille parfois les frontières entre gauche radicale et nationalisme d’extrême droite aux yeux de leurs adversaires.

Un responsable socialiste a d’ailleurs tranché sans détour : « Quand on commence à expliquer les votes pour l’AfD plutôt qu’à les condamner, on a déjà perdu quelque chose d’essentiel. »

Quel impact sur les élections européennes à venir ?

L’épisode ne devrait pas s’arrêter là. Avec des scrutins régionaux français en ligne de mire et une recomposition de la droite européenne en cours, chaque prise de position sur l’AfD devient un marqueur identitaire fort. Le RN cherche à se normaliser, LFI à incarner une forme d’anti-système global. Ces deux stratégies se percutent désormais sur un terrain inattendu : l’Allemagne.

Et dans ce jeu de miroirs franco-allemand, c’est finalement la gauche radicale qui s’est retrouvée, au moins provisoirement, dans la lumière la plus inconfortable.

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