Armée israélienne au Liban : un séjour prolongé annoncé malgré l’accord
Malgré la conclusion d’un accord-cadre entre le Liban et Israël pour mettre fin aux hostilités, l’armée israélienne ne compte pas plier bagage. Le ministre israélien de la Défense a annoncé samedi que les forces armées avaient reçu l’ordre de se préparer à un « séjour prolongé » dans le secteur qu’elles occupent actuellement dans le sud du Liban. Une déclaration qui jette une ombre considérable sur la portée réelle de cet accord.
Un accord signé, mais des soldats qui restent
L’encre de l’accord-cadre était à peine sèche que le ministre lançait déjà ce signal. Les troupes israéliennes, déployées dans une bande de territoire libanais depuis plusieurs semaines, ne recevront pas d’ordre de retrait immédiat. C’est clair. Le ministre n’a pas donné de calendrier précis, se contentant d’évoquer des « besoins opérationnels » qui justifieraient ce maintien sur le terrain.
Selon des sources proches du dossier, environ 10 000 soldats israéliens seraient encore positionnés dans cette zone tampon autoproclamée, à moins de 30 kilomètres de la frontière nord d’Israël. Un chiffre qui donne le vertige quand on parle de cessation des hostilités.
Le Liban entre espoir et méfiance
Du côté libanais, la réaction ne s’est pas fait attendre. « Tout accord doit reposer sur le respect de la souveraineté territoriale du Liban », a déclaré un responsable gouvernemental à Beyrouth, sans préciser davantage la position officielle du cabinet. Still, la tension est palpable dans les villages du sud, où les habitants attendaient un retour à la normale.
L’accord-cadre, négocié sous l’égide des États-Unis et de la France, prévoit en théorie un retrait progressif des forces israéliennes et le déploiement renforcé de l’armée libanaise au sud du fleuve Litani. Mais les déclarations du ministre de la Défense israélien viennent compliquer sérieusement cette équation.
Une ambiguïté stratégique assumée
Ce n’est pas la première fois qu’Israël joue la carte de l’ambiguïté dans ce type de négociation. En 2006, après la guerre de 34 jours avec le Hezbollah, le retrait avait également tardé, duré plusieurs semaines au-delà des délais prévus par la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Yet, cette fois, le contexte est différent. Le Hezbollah sort affaibli de mois de confrontation intense. Israël veut consolider ce qu’il perçoit comme un avantage stratégique.
La communauté internationale retient son souffle.
Que va-t-il se passer dans les prochains jours ?
Les regards se tournent désormais vers Washington et Paris, garants de l’accord. Les deux capitales devront peser de tout leur poids pour que les engagements pris sur papier se traduisent en actes concrets sur le terrain. Le délai initial prévu pour amorcer le retrait israélien serait de 60 jours. But avec cette annonce du ministre de la Défense, ce calendrier semble déjà fragilisé avant même d’avoir commencé. La route vers une paix durable dans le sud du Liban reste, comme souvent, semée d’embûches.
