Camargue : les opposants à la ligne haute tension durcissent le ton
Les opposants au projet de ligne à très haute tension en Camargue sont prêts à passer à la vitesse supérieure. Après des mois de mobilisation pacifique, les collectifs citoyens annoncent un durcissement de leurs actions face à l’avancée du chantier controversé de RTE, le gestionnaire du réseau électrique français.
Une mobilisation qui s’intensifie
Le projet prévoit l’installation d’une ligne de 400 000 volts traversant le parc naturel régional de Camargue sur près de 65 kilomètres. Pour RTE, c’est une infrastructure indispensable pour sécuriser l’approvisionnement électrique de la région PACA et accompagner la transition énergétique. Mais les habitants n’en démordent pas : cette ligne représente une menace pour un écosystème fragile, classé réserve de biosphère par l’UNESCO.
Les associations locales dénombrent plus de 15 000 signatures contre le projet. Des chiffres qui ne cessent de grimper.
Des actions coup de poing annoncées
„Nous avons épuisé tous les recours légaux, maintenant il faut se faire entendre autrement”, explique un porte-parole du collectif Stop THT. Les militants évoquent des occupations de terrain, des blocages de chantier et des manifestations d’ampleur dans les semaines à venir. Certains n’excluent pas de s’enchaîner aux futures installations si les travaux démarrent comme prévu en avril prochain.
La tension monte aussi du côté des élus locaux. Trois maires de communes traversées par le tracé ont déjà fait part de leur soutien aux opposants. Ils réclament une révision complète du projet et l’étude sérieuse d’alternatives, notamment l’enfouissement partiel des câbles ou un tracé modifié évitant les zones les plus sensibles.
RTE campe sur ses positions
De son côté, RTE assure avoir mené 18 mois de concertation et pris en compte les préoccupations environnementales. L’entreprise met en avant un investissement de 230 millions d’euros et argue que le tracé retenu est le fruit d’un compromis. „Ce projet répond aux besoins croissants en électricité de la région et permettra d’intégrer davantage d’énergies renouvelables au réseau”, défend un responsable du gestionnaire.
But les opposants ne l’entendent pas de cette oreille. Ils pointent les risques pour la biodiversité, notamment pour les populations de flamants roses et de hérons cendrés qui nichent dans la zone. Les retombées sur le tourisme local les inquiètent également.
Les prochaines semaines s’annoncent décisives. Si le dialogue semble rompu, les autorités préfectorales surveillent de près l’évolution de la situation, conscientes que ce dossier pourrait devenir un nouveau symbole de la contestation des grands projets d’infrastructure en France.
