Corée du Sud : Yoon condamné à 30 ans pour envoi de drones
L’ex-président de la Corée du Sud Yoon Suk-yeol a été condamné vendredi à 30 ans de prison pour avoir ordonné l’envoi de drones militaires en Corée du Nord en octobre 2024. Cette nouvelle peine s’ajoute aux charges qui avaient déjà conduit à sa destitution en avril 2025.
Selon le tribunal de Séoul, Yoon cherchait délibérément à provoquer une escalade militaire avec Pyongyang pour justifier l’imposition de la loi martiale sur le territoire sud-coréen.
Une opération secrète révélée par des lanceurs d’alerte
Les procureurs ont démontré que trois drones militaires non armés avaient franchi la frontière les 3, 8 et 12 octobre 2024, pénétrant jusqu’à 15 kilomètres en territoire nord-coréen. Ces engins auraient survolé des installations militaires sensibles près de Pyongyang. L’opération, menée sans l’approbation du Parlement ni même de son propre état-major, avait été gardée secrète pendant plusieurs mois.
C’est grâce aux témoignages de deux officiers militaires que l’affaire a éclaté en février dernier. Les deux hommes ont affirmé avoir reçu des ordres directs du bureau présidentiel, contournant la chaîne de commandement habituelle.
Un plan pour instaurer la loi martiale
„Les preuves montrent sans équivoque que l’accusé avait pour objectif de créer une crise artificielle avec le Nord”, a déclaré le juge principal Kim Jae-hyun lors du verdict. „Il espérait que Pyongyang réagirait avec force, lui donnant ainsi une excuse pour déclarer l’état d’urgence.”
But Pyongyang n’a jamais mordu à l’hameçon. Le régime nord-coréen a dénoncé les intrusions dans ses médias d’État mais s’est abstenu de toute riposte militaire directe, déjouant ainsi le stratagème présumé de Yoon.
Une chute spectaculaire
La condamnation de vendredi marque un nouveau chapitre dans la disgrâce de l’ancien dirigeant conservateur. Yoon avait été destitué en avril pour abus de pouvoir et tentative de coup d’État constitutionnel. Il purge actuellement une peine de 15 ans dans une prison de haute sécurité près de Séoul.
Avec cette nouvelle sentence de 30 ans, qui s’ajoute à la précédente, Yoon fait face à un total de 45 années d’emprisonnement. À 64 ans, il ne devrait théoriquement jamais recouvrer la liberté.
Ses avocats ont annoncé qu’ils feraient appel, dénonçant un „procès politique” destiné à éliminer définitivement leur client de la vie publique sud-coréenne.
