Cyberattaques : Lecornu ordonne une unité militaire dédiée à la protection de l’État
Le ministre des Armées Sébastien Lecornu a ordonné la création d’une unité militaire spécialisée dans la lutte contre les cyberattaques visant les institutions françaises. Une décision qui intervient dans un contexte de menaces numériques en forte hausse contre les infrastructures étatiques.
Une réponse directe à l’escalade des menaces
La France fait face à une multiplication des tentatives d’intrusion dans ses systèmes d’information sensibles. En 2023, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) avait recensé plus de 3 000 incidents cyber significatifs, dont plusieurs ciblaient directement des ministères et des opérateurs d’importance vitale. Cette nouvelle unité s’inscrit dans une volonté claire de passer d’une posture défensive à une capacité de réponse active et coordonnée.
Concrètement, la structure devrait regrouper plusieurs centaines de spécialistes issus des différentes branches de l’armée, du renseignement et de la fonction publique. Elle sera placée sous l’autorité directe du ministère des Armées, avec des liaisons étroites avec l’ANSSI et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).
Un enjeu de souveraineté nationale
Pour Paris, c’est aussi une question de crédibilité stratégique. Les attaques attribuées à des groupes liés à des États étrangers — Russie et Chine en tête — se sont intensifiées depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Et la France, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et puissance nucléaire, constitue une cible de premier choix.
Un responsable du ministère, qui a requis l’anonymat, a confié : « On ne peut plus se permettre de réagir après coup. L’objectif, c’est d’anticiper, de détecter et si nécessaire de neutraliser les menaces avant qu’elles causent des dommages irréversibles. »
Un calendrier encore flou, mais une volonté affichée
Si l’annonce est ferme, les contours opérationnels restent à préciser. Le ministère n’a pas encore communiqué de date officielle pour l’activation complète de l’unité, ni sur son budget exact. But des sources proches du dossier évoquent une enveloppe initiale de l’ordre de 400 à 500 millions d’euros sur cinq ans, dans le cadre de la Loi de programmation militaire 2024-2030.
Cette unité devrait également travailler en étroite collaboration avec les partenaires européens et les alliés de l’OTAN, dans un cadre d’échanges de renseignements cyber renforcés.
Ce que ça change concrètement
Still, la vraie question reste celle des moyens humains. La France manque cruellement d’experts en cybersécurité. Le secteur privé capte une grande partie des talents, laissant les institutions publiques en sous-effectif chronique.
La création de cette unité est donc aussi un signal envoyé aux jeunes diplômés : l’État veut devenir un employeur attractif dans ce domaine. Des partenariats avec des grandes écoles et des universités spécialisées seraient déjà à l’étude pour alimenter le recrutement dès 2025.
