Dette : « Frogs », le surnom moqueur des marchés pour la France

Les marchés financiers ont trouvé un nouvel acronyme pour évoquer la France : « Frogs », pour « French Oversized Government and Social Security ». Soit, en français, un État et une Sécurité sociale surdimensionnés. Un terme péjoratif qui rappelle le fameux « Pigs » utilisé pendant la crise de la dette en Europe du Sud en 2011-2012.

Une défiance croissante

La hausse mondiale des taux, liée à la flambée du pétrole, pénalise d’abord les pays aux finances publiques dégradées. Et la France en fait partie. Lilia Peytavin, analyste chez JP Morgan AM, résume : « les pays ayant les finances publiques les plus détériorées – c’est le cas de la France – sont les plus sanctionnés ». Longtemps protégée par sa taille économique et ses institutions, la France voit sa perception se dégrader depuis la dissolution de l’Assemblée nationale.

Le déficit s’envole, le blocage politique sur le budget 2027 inquiète, et l’élection présidentielle ajoute de l’incertitude. Moody’s doit rendre sa décision le 23 octobre. Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a même évoqué dans le Financial Times le risque que la France soit « étranglée par les taux d’intérêt ». Fait rarissime : certaines entreprises du CAC 40, comme LVMH ou TotalEnergies, empruntent désormais à des taux plus bas que l’État français. Mais, tempère Nicolas Forest, directeur des investissements chez Candriam, « La France n’a pas un problème immédiat de financement, et seulement 14 % de la dette arrive à échéance en 2027 ».

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