Guerre en Ukraine : la trêve de Trump ignorée, l’Otan avertit Moscou
La trêve énergétique annoncée unilatéralement par Donald Trump dimanche n’a pas tenu. Lundi, six infrastructures énergétiques ukrainiennes ont été frappées, a déploré Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien a jugé « de plus en plus évident » que cet arrêt des frappes entre Kiev et Moscou n’était pas suivi d’effet.
Le Kremlin, de son côté, refuse de dire s’il a donné son accord à Trump. « Les contacts se poursuivent. Dès que nous aurons quelque chose à dire à ce sujet, nous ne manquerons pas de vous en informer », a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe. Zelensky a posé ses conditions : « Si la Russie veut que nous arrêtions nos frappes à longue portée contre ses raffineries pétrolières et ses exportations de pétrole, alors la Russie doit cesser ses frappes contre notre système énergétique et nos infrastructures critiques. Et arrêter de tuer notre peuple. »
L’Otan met en garde le Kremlin
À Varsovie, lors d’une conférence sur la défense, le général Grynkewich, commandant militaire de l’Otan, a adopté un ton offensif envers la Russie. Il a insisté sur la nécessité pour les Alliés de continuer à se consulter et de réfléchir à la manière de réagir face aux attaques dites « hybrides » prêtées aux Russes. « Il est important que les Alliés continuent de se consulter, de réfléchir à la manière dont nous pourrions réagir et de veiller à adresser aux Russes un message clair et concis quant à nos lignes rouges », a-t-il déclaré.
L’Union européenne a annoncé lundi de nouvelles sanctions visant 1 600 personnes ou entités russes, toutes en rapport avec la guerre contre l’Ukraine. Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne, a précisé que plus de la moitié étaient liées à la chaîne de production des missiles balistiques, rendant la production d’armes russes « bien plus difficile, plus lente et plus coûteuse ». Par ailleurs, les frappes ukrainiennes sur des centres de données russes ont réduit la propagande et la désinformation en ligne du Kremlin. Garry Kasparov, opposant russe en exil, a constaté sur X que les contenus dans son fil d’actualité avaient « déjà chuté de manière spectaculaire ». Au Forum de Varsovie sur la Sécurité, le Premier ministre lituanien Mindaugas Sinkevicius a même recommandé ce type d’attaques pour sécuriser les prochaines élections en Lituanie et en Pologne. Zelensky a résumé : « Il est soudainement devenu un peu plus facile de respirer sur de nombreuses plateformes de réseaux sociaux. »
