Incendie en Gironde : au Porge, des habitants découvrent leurs maisons en cendres

Au Porge, dans le département de la Gironde, une rue porte désormais un surnom sinistre que personne n’avait demandé : l’« avenue de la désolation ». C’est là, entre pins carbonisés et fondations noircies, que des dizaines de familles sont revenues constater l’étendue du désastre après le passage des flammes qui ont ravagé la région cet été.

Un paysage de fin du monde

Les maisons ne sont plus. Il reste des armatures métalliques tordues, des carrelages éclatés sous la chaleur, des voitures fondue dans leurs garages. Sur plusieurs centaines de mètres, le long de ce que les habitants appellent entre eux l’avenue de la désolation, le feu n’a presque rien épargné. Les chiffres donnent le vertige : dans ce secteur seul, plus de 40 habitations ont été intégralement détruites. Et pour beaucoup de propriétaires, c’était la maison de toute une vie.

Certains sont revenus avec leurs enfants, un carton sous le bras, espérant récupérer quelque chose — un objet, une photo, n’importe quoi. La plupart repartent les mains vides.

Des familles hébétées face à l’ampleur des dégâts

Michel, 67 ans, retraité, s’est garé devant ce qui était encore sa maison il y a trois semaines. Il n’a rien dit pendant plusieurs minutes. « On savait que c’était parti, mais là, voir ça de ses propres yeux… c’est autre chose », a-t-il finalement lâché, les bras ballants devant les décombres. Sa femme n’a pas pu sortir de la voiture.

Ils n’étaient pas là au moment de l’évacuation. Partis en vacances, prévenus par un voisin par SMS. « On a regardé les infos depuis un camping dans les Pyrénées, sans vraiment y croire. »

Les autorités face à un chantier colossal

Le maire de la commune a reçu les sinistrés en mairie dès leur retour. « Nous allons accompagner chaque famille individuellement, mais les délais de reconstruction seront longs — il faut être honnête là-dessus », a-t-il déclaré lors d’une réunion publique jeudi soir. La préfecture de Gironde a annoncé la mise en place d’une cellule de crise dédiée, avec un guichet unique pour les démarches administratives et assurantielles.

But les assurances, justement, inquiètent. Plusieurs résidents craignent de ne pas être couverts suffisamment, ou de se retrouver dans des procédures interminables au moment où ils ont le plus besoin d’aide.

Reconstruire, mais comment ?

La question de l’avenir se pose déjà. Certains disent qu’ils ne reviendront pas. D’autres, au contraire, parlent de reconstruire — pas forcément au même endroit, mais dans la région, parce que c’est chez eux.

Still, le chemin sera long. Les experts estiment que les premières reconstructions ne pourront pas débuter avant le printemps 2023 au plus tôt, le temps que les sols refroidissent, que les expertises soient menées et que les permis soient délivrés. Des mois d’attente pour des familles qui, pour l’heure, dorment chez des proches ou dans des hébergements d’urgence.

L’avenue de la désolation, elle, restera marquée dans les mémoires bien au-delà de cet été.

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