OACI appelle à protéger les avions civils après l’avertissement de Zelensky

L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a lancé mercredi un appel urgent à la protection des aéronefs civils, après que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que l’espace aérien russe devenait « extrêmement dangereux » en raison de l’intensification des frappes de drones ukrainiens en profondeur sur le territoire russe.

Un avertissement qui fait monter la pression

Zelensky n’a pas mâché ses mots. Dans une déclaration diffusée mardi, il a affirmé que les drones ukrainiens opèrent désormais bien au-delà des zones frontalières, ciblant des infrastructures stratégiques russes à des centaines de kilomètres du front. Des opérations qui, selon lui, continueront de s’amplifier. Le message est clair : personne ne peut garantir la sécurité dans cet espace aérien.

Ces déclarations ont suffi à réveiller l’agence onusienne. L’OACI, basée à Montréal, a réitéré ses appels à toutes les parties impliquées dans le conflit à « protéger les appareils civils et à respecter les obligations découlant du droit international ».

Un risque qui n’est pas nouveau, mais qui s’aggrave

Ce n’est pas la première fois que l’agence tire la sonnette d’alarme. Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, de nombreuses compagnies aériennes ont fermé leurs routes survolant l’Ukraine, la Russie et leurs zones périphériques. Lufthansa, Air France ou encore Finnair ont toutes reroute leurs vols, allongeant parfois les trajets de deux à trois heures.

Mais la situation évolue. Avec des drones ukrainiens capables d’atteindre des régions comme Moscou, Kazan ou Saratov — des villes pourtant situées à plus de 700 kilomètres de la frontière — le spectre d’un incident impliquant un avion de ligne devient moins hypothétique.

Un responsable de l’aviation civile européenne, sous couvert d’anonymat, a confié : « On parle d’engins volants non identifiés dans des corridors aériens encore actifs. C’est un scénario que personne ne voulait envisager sérieusement il y a encore six mois. »

Des couloirs aériens sous tension

Plusieurs routes aériennes au-dessus de la Russie restent officiellement ouvertes, notamment utilisées par des compagnies asiatiques comme China Southern ou Korean Air pour leurs liaisons vers l’Europe. Ces survols représentent un gain de temps considérable — parfois plus de deux heures de vol — ce qui explique pourquoi certains transporteurs refusent de les abandonner malgré les risques.

L’OACI exige désormais une réévaluation transparente de ces couloirs, avec des données actualisées en temps réel partagées entre les États membres.

Quelle suite pour la sécurité aérienne ?

L’agence onusienne devrait tenir une réunion extraordinaire dans les prochaines semaines pour statuer sur des recommandations concrètes. Elles pourraient inclure des zones d’exclusion temporaires et un renforcement du partage de renseignements entre autorités civiles et militaires.

Pendant ce temps, la guerre continue. Et le ciel, lui, ne fait pas la différence entre un drone de combat et un Airbus chargé de passagers.

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