Radio France : les personnels votent une grève pour le 21 septembre

Les salariés de Radio France ont voté ce mercredi en assemblée générale une nouvelle journée de grève, fixée au 21 septembre prochain. En cause : la nomination controversée de Charles Sapin au poste de directeur général de la maison ronde, une décision qui continue de provoquer une colère tenace au sein des rédactions et des équipes techniques.

Une nomination qui cristallise les tensions

Charles Sapin, fils de l’ancien ministre Michel Sapin, a été désigné à la tête de Radio France dans des conditions qui ont immédiatement suscité des questions sur sa légitimité et son profil. Pour de nombreux personnels, son manque d’expérience dans l’audiovisuel public est rédhibitoire. Les syndicats, dont le SNJ, la CGT et SUD, ont rapidement appelé à la mobilisation. Et la réponse a été claire : une large majorité des participants à l’assemblée générale a voté pour reconduire le mouvement social.

« Nous ne remettons pas en cause le principe d’une direction, mais nous exigeons que les choix faits pour piloter un service public aussi important respectent les critères de compétence et d’indépendance », a déclaré un représentant syndical à l’issue du vote.

La précédente grève, organisée quelques jours plus tôt, avait déjà perturbé plusieurs antennes du groupe, notamment France Inter, France Info et France Culture. Des émissions avaient été raccourcies, d’autres simplement supprimées. Le taux de participation au mouvement avait atteint, selon les syndicats, environ 30 % des effectifs — un chiffre significatif pour un premier débrayage.

Le 21 septembre, une date symbolique

La date du 21 septembre n’a pas été choisie au hasard. Elle coïncide avec une période charnière dans l’agenda institutionnel de Radio France, alors que la nouvelle direction est censée commencer à structurer ses équipes et à afficher ses premières orientations éditoriales. Les syndicats veulent envoyer un message fort avant que les lignes ne soient définitivement tracées.

Le mouvement dépasse en réalité la seule question de Charles Sapin.

Derrière la contestation, c’est toute la question du mode de gouvernance de l’audiovisuel public qui est posée. Les personnels s’interrogent sur le poids croissant du politique dans les nominations à la tête des grandes maisons de l’audiovisuel, et sur la capacité réelle de l’Arcom — le régulateur — à garantir une véritable indépendance. So la grève du 21 septembre pourrait bien aller au-delà de Radio France et devenir un signal adressé à l’ensemble du secteur. Les prochains jours diront si d’autres structures rejoignent le mouvement.

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