Venezuela séisme : attention aux images trompeuses qui circulent
Un double séisme de magnitude 6,9 puis 5,8 a frappé le Venezuela jeudi, semant la panique dans plusieurs États du pays. Et comme à chaque catastrophe naturelle majeure, les réseaux sociaux se sont immédiatement inondés de vidéos et de photos — dont beaucoup n’ont strictement rien à voir avec les événements de ce jour-là.
Des images recyclées de tremblements de terre passés
Plusieurs vidéos montrant des immeubles qui s’effondrent dans une poussière grise ont été massivement partagées sous le hashtag #TemblorVenezuela. Problème : certaines de ces séquences datent du séisme de Turquie en février 2023, d’autres ont été filmées lors du tremblement de terre en Équateur en 2016. Les métadonnées des fichiers, analysées par notre équipe, confirment des dates d’enregistrement incompatibles avec les événements de jeudi. But les internautes, pris dans l’urgence émotionnelle du moment, partagent sans vérifier.
Une vidéo en particulier, vue plus de 2 millions de fois en moins de 48 heures, prétendait montrer l’effondrement d’un pont au Venezuela. Elle a en réalité été tournée au Mexique lors du séisme de septembre 2017. La source originale avait même été identifiée à l’époque par plusieurs médias mexicains.
Des images authentiques, mais mal localisées
Ce n’est pas tout. Certaines images sont bien réelles — et bien récentes — mais proviennent de régions du Venezuela non touchées par les secousses. Yet elles circulent présentées comme des preuves de destructions massives dans les zones épicentres, soit les États de Sucre et Monagas. Cette confusion géographique amplifie artificiellement la perception des dégâts.
« Nous demandons à la population de ne partager que des informations provenant de sources officielles vérifiées », a déclaré un porte-parole de la Protection civile vénézuélienne vendredi matin. « La désinformation ralentit les secours et crée une panique injustifiée. »
So comment faire la différence ? Quelques réflexes simples : vérifier la date de publication originale du contenu, utiliser la recherche d’images inversée via Google ou TinEye, et croiser avec les comptes officiels des autorités locales.
Les chiffres réels restent difficiles à établir
Au moment où nous écrivons ces lignes, le bilan officiel fait état d’au moins 4 morts et 27 blessés, selon les autorités vénézuéliennes. Des dizaines de bâtiments ont été endommagés dans la région de Cumaná. C’est déjà grave. Still, ce bilan réel se noie dans un flot d’informations invérifiables qui rendent le travail des journalistes sur le terrain considérablement plus difficile.
Il faut le dire clairement : relayer une fausse image de catastrophe, c’est aussi nuire aux victimes réelles.
Que faire face à ces contenus ?
Les plateformes comme X, Facebook et TikTok ont été interpellées pour apposer des étiquettes d’avertissement sur les contenus signalés. Dans les prochains jours, à mesure que les équipes de fact-checking internationale consolident leurs analyses, d’autres vidéos trompeuses devraient être identifiées et signalées. La vigilance reste de mise.
