Gaël Veyssière: « la Russie ne veut pas négocier sérieusement »
Depuis Kiev, l’ambassadeur de France en Ukraine Gaël Veyssière n’a pas mâché ses mots. Interrogé cette semaine dans l’émission Au Cœur de l’Info, le diplomate français a dressé un tableau sans concession de la situation sur le terrain et des blocages diplomatiques qui persistent, plus de quatre ans après le début de l’invasion russe à grande échelle.
Des frappes d’une intensité inédite
Ces dernières semaines, la Russie a intensifié ses bombardements sur le territoire ukrainien à un niveau que même les observateurs aguerris qualifient d’exceptionnel. Des dizaines de drones et de missiles ont visé des infrastructures énergétiques, des zones résidentielles, des villes de l’arrière. Kharkiv, Zaporijjia, Odessa — aucune région n’est épargnée. Selon les autorités ukrainiennes, les attaques nocturnes du seul mois dernier ont coûté la vie à plus de 80 civils.
Gaël Veyssière a évoqué une réalité quotidienne éprouvante pour les Ukrainiens, mais aussi pour les équipes diplomatiques présentes sur place. « Nous travaillons sous les alertes aériennes, comme tout le monde ici », a-t-il confié, soulignant que l’ambassade de France à Kiev n’a jamais fermé ses portes depuis le début du conflit.
Moscou, une porte fermée à double tour
Sur la question des négociations, l’ambassadeur a été catégorique. La Russie ne montre, selon lui, « aucune volonté de dialogue sérieux » sur l’Ukraine. Les signaux envoyés par le Kremlin ces derniers mois — conditions préalables jugées inacceptables, frappes accrues en pleine période de tentatives de médiation — traduisent une stratégie d’épuisement, pas de compromis.
Et c’est là le nœud du problème. Moscou continue d’exiger, en substance, une capitulation ukrainienne déguisée en cessez-le-feu. Kiev refuse. Et les Européens, derrière Paris et Berlin, maintiennent que toute paix durable devra respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine.
Le virage Trump, une surprise bienvenue à Kiev
Dans ce contexte pesant, le sommet du G7 de cette semaine a offert un moment de répit inattendu. Donald Trump, longtemps perçu comme un facteur d’imprévisibilité pour l’Ukraine, a affiché un soutien plus ferme qu’attendu à Kiev. Un revirement que Gaël Veyssière a salué avec une prudence calculée.
Ce repositionnement américain change potentiellement les équilibres au sein du G7.
Les États-Unis restent le premier fournisseur d’aide militaire à l’Ukraine, avec plus de 60 milliards de dollars engagés depuis 2022. Que Washington confirme ou non cet élan dans les semaines à venir, le signal politique envoyé à Moscou n’est pas négligeable.
Une guerre qui s’installe dans la durée
Personne, à Kiev comme à Paris, ne pronostique une fin rapide du conflit. Gaël Veyssière a rappelé que la France s’inscrit dans un soutien « long terme » à l’Ukraine, diplomatique, financier et militaire. So la question n’est plus vraiment de savoir si l’Europe tiendra — mais combien de temps Moscou pourra maintenir une pression aussi coûteuse, humainement et économiquement, pour la Russie elle-même.
