RDC : Fayulu et Sesanga blessés lors d’une manifestation à Kinshasa
Des heurts violents ont éclaté ce mercredi à Kinshasa lors d’une manifestation de l’opposition congolaise contre le projet de réforme constitutionnelle. Martin Fayulu, ancien candidat présidentiel, et Delly Sesanga, figure de proue de l’opposition, figurent parmi les blessés. L’opposition dénonce une répression brutale orchestrée par le pouvoir de Félix Tshisekedi.
Des leaders de l’opposition pris pour cible
Les images qui circulent sur les réseaux sociaux montrent Martin Fayulu le visage ensanglanté, soutenu par ses partisans. Delly Sesanga a également été évacué avec des blessures. Selon Patrick Mbamu, secrétaire exécutif de l’ECiDé France, le parti de Fayulu, les forces de l’ordre auraient délibérément ciblé les dirigeants de l’opposition pour disperser le rassemblement.
„Ce qui s’est passé aujourd’hui n’est rien d’autre qu’une tentative d’intimidation”, a déclaré un responsable de l’opposition joint par téléphone depuis Paris. „Ils veulent nous faire taire pendant qu’ils changent la Constitution pour permettre à Tshisekedi de briguer un troisième mandat.”
Un projet de réforme qui divise
La majorité présidentielle affirme que la réforme vise à moderniser les institutions. But l’opposition n’y voit qu’une manœuvre pour contourner la limitation des mandats présidentiels. La Constitution actuelle interdit formellement tout troisième mandat, une disposition inscrite après des décennies de dictature sous Mobutu.
Le rassemblement de mercredi devait réunir plusieurs milliers de manifestants dans le centre de Kinshasa. Les autorités n’avaient pas autorisé la marche, invoquant des risques de troubles à l’ordre public. Les affrontements ont débuté vers 10h30 lorsque la police anti-émeute a tenté de bloquer l’accès au boulevard du 30 juin.
Une tension qui ne faiblit pas
Ce n’est pas la première fois que l’opposition congolaise fait face à la répression. En janvier dernier, plusieurs manifestations avaient déjà été dispersées violemment. And la communauté internationale commence à s’inquiéter de la dérive autoritaire du régime.
Patrick Mbamu a appelé depuis Paris à une mobilisation internationale pour dénoncer ces violences. Il craint que le pouvoir ne profite de cette répression pour accélérer l’adoption de la réforme constitutionnelle sans véritable débat démocratique.
Les prochains jours s’annoncent décisifs pour l’avenir politique de la RDC. L’opposition promet de nouvelles actions si le projet de réforme n’est pas abandonné. Yet le pouvoir semble déterminé à aller de l’avant, quitte à durcir encore le ton face à ses adversaires.
