Liban Sud : Jad Tabet dénonce une « politique de terre brûlée »
Malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre Israël et le Liban, les bombardements se poursuivent dans le Sud du pays. Jad Tabet, conseiller du ministre libanais de la Culture Ghassan Salamé, tire la sonnette d’alarme sur une stratégie délibérée de destruction massive qui menace non seulement des villages entiers, mais aussi des dizaines de sites patrimoniaux classés à l’UNESCO.
Des villages rayés de la carte
« Ce qu’il se passe au Liban Sud, c’est une table rase, une politique de terre brûlée », a déclaré Jad Tabet lors de son intervention dans l’émission Au cœur de l’info. L’architecte et urbaniste ne mâche pas ses mots face à l’ampleur des destructions qu’il observe. Des localités historiques disparaissent sous les frappes israéliennes, réduisant à néant des siècles d’histoire et de culture.
Les images satellites confirment ce constat alarmant. Villages après villages, c’est un territoire entier qui subit une destruction systématique.
Le patrimoine culturel en péril
L’inquiétude de Tabet porte également sur le patrimoine libanais, dont plusieurs dizaines de sites historiques figurent sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces trésors architecturaux, témoins de millénaires de civilisation, risquent une destruction totale ou partielle. « On ne parle pas seulement de bâtiments », insiste le conseiller. « C’est la mémoire collective d’un peuple qui est visée. »
Les sites archéologiques, les temples antiques et les monuments médiévaux du Sud-Liban ont déjà subi des dommages importants. Mais l’étendue réelle des destructions ne pourra être évaluée qu’une fois les hostilités véritablement terminées.
Un cessez-le-feu qui n’en est pas un
Le paradoxe est troublant : alors qu’un accord de cessez-le-feu a été annoncé, l’armée israélienne poursuit ses opérations sur le territoire libanais. Cette violation flagrante soulève des questions sur la crédibilité des engagements internationaux et l’efficacité de la communauté internationale à faire respecter ses propres résolutions.
Pour Jad Tabet et les autorités culturelles libanaises, l’urgence est double. D’abord, obtenir l’arrêt immédiat des bombardements. Ensuite, établir un inventaire complet des dégâts pour préparer une reconstruction qui respectera l’identité historique des lieux détruits. Mais tant que les frappes continuent, le patrimoine libanais reste sous la menace d’une disparition irréversible.
