Primaire PS : les militants votent pour fixer les règles du jeu présidentiel
Les socialistes se retroussent les manches. Ce jeudi, les militants du Parti socialiste sont appelés aux urnes internes pour trancher une question qui conditionne tout le reste : comment organiser leur primaire en vue de l’élection présidentielle ? Un vote interne certes, mais qui pourrait bien dessiner les contours d’une gauche en pleine recomposition.
Un vote qui en cache un autre
Concrètement, plusieurs options sont sur la table. Les adhérents devront se prononcer sur le format de la consultation : primaire ouverte aux sympathisants, réservée aux seuls militants, ou encore participation à une primaire commune avec d’autres partis de gauche. Chaque scénario implique des alliances différentes, des rapports de force distincts. Et derrière les modalités techniques, c’est bien la stratégie globale du PS qui se joue.
Le parti compte environ 40 000 adhérents à jour de cotisation, selon les derniers chiffres internes. C’est peu. Mais leur décision de jeudi aura des répercussions bien au-delà de la rue de Solférino.
Un parti qui cherche encore sa voix
Depuis la débâcle de 2017, quand Benoît Hamon avait recueilli à peine 6,4 % des voix au premier tour, le PS n’a toujours pas retrouvé son souffle. La présidentielle de 2022 n’a pas arrangé les affaires : Anne Hidalgo, candidate désignée sans vrai processus démocratique interne, avait terminé avec un humiliant 1,75 %. Un traumatisme dont le parti n’est pas encore sorti.
So cette fois, les dirigeants veulent montrer que la méthode change. Organiser un vote sur les règles avant même de parler des candidats, c’est un signal. Ou du moins, c’est l’intention affichée.
« Nous voulons que cette primaire soit le reflet d’un processus démocratique crédible et transparent », a déclaré un responsable fédéral du parti, sans préciser davantage les contours du calendrier envisagé.
Le spectre de l’union à gauche
Impossible d’ignorer le contexte. La France insoumise, les écologistes, le PCF — tous ces acteurs de la gauche regardent ce que fait le PS. Still, les relations restent tendues, notamment avec LFI, dont la ligne très à gauche ne convient pas à tous les élus socialistes. Une primaire commune serait un signal fort. Mais elle suppose des concessions que beaucoup, au PS, ne sont pas prêts à faire.
L’option d’une primaire interne seule, plus sécurisante pour l’appareil, risque en revanche d’apparaître comme un repli. Un entre-deux difficile à négocier.
Et maintenant ?
Les résultats du vote de jeudi devraient être connus dans la soirée. Mais le chemin reste long : même si les modalités sont adoptées, il faudra ensuite convaincre des personnalités de se lancer, mobiliser des militants qui ont perdu confiance, et surtout trouver un message qui parle aux Français.
2027, c’est dans moins de deux ans. Pour le PS, le compte à rebours a bel et bien commencé.
