Détroit d’Ormuz : navires attaqués, 140 sites iraniens visés par Washington
La tension est montée d’un cran brutal ce mercredi dans le détroit d’Ormuz. Plusieurs navires commerciaux ont été attaqués dans l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde, tandis que les États-Unis ont simultanément ciblé 140 sites liés à l’Iran dans une opération militaire d’une ampleur inédite depuis des années.
Des navires pris pour cible en pleine nuit
Les premières alertes ont été déclenchées aux alentours de 2h30 du matin, heure locale. Deux porte-conteneurs et un pétrolier battant pavillon libérien ont signalé des explosions à bord ainsi que des approches de petites embarcations rapides. L’un des navires, le MV Estrella del Mar, a déclenché une balise de détresse depuis le secteur sud du détroit. Trois membres d’équipage auraient été blessés, dont un grièvement. Le trafic dans le détroit — qui représente environ 20 % des échanges mondiaux de pétrole — a été partiellement suspendu dans les heures qui ont suivi.
Washington frappe 140 sites iraniens
En parallèle, le Pentagone a confirmé avoir conduit des frappes contre 140 sites associés aux forces armées et aux réseaux de financement iraniens. Les cibles incluent des dépôts d’armes, des infrastructures de communication militaire et des installations portuaires dans le golfe Persique. Des bombardiers B-2 Spirit et des missiles de croisière Tomahawk ont été engagés. C’est l’opération américaine la plus large contre l’Iran depuis l’assassinat du général Soleimani en janvier 2020.
Un responsable américain de la défense, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a déclaré : « Ces frappes sont une réponse directe et proportionnée aux attaques répétées contre des navires civils. Nous ne cherchons pas l’escalade, mais nous ne resterons pas inactifs. »
Téhéran promet une riposte
La réaction iranienne n’a pas tardé. Le Conseil suprême de sécurité nationale a réuni ses membres en session d’urgence dès l’aube. Les Gardiens de la Révolution ont qualifié les frappes américaines d’« acte de guerre flagrant » et promis une réponse « au moment et à l’endroit choisis par l’Iran ». Plusieurs ambassadeurs occidentaux ont été convoqués au ministère des Affaires étrangères à Téhéran. La Russie et la Chine ont appelé à une « désescalade immédiate » dans des communiqués quasi simultanés publiés en fin de matinée.
Les marchés et le prix du pétrole s’emballent
Les marchés ont réagi avec violence. Le baril de Brent a bondi de 11 % à l’ouverture des marchés européens, frôlant les 104 dollars. Les compagnies maritimes ont suspendu leurs routes dans le golfe Persique pour une durée indéterminée. Lloyd’s of London a relevé en urgence ses primes d’assurance pour les navires transitant par la zone.
La communauté internationale retient son souffle. Dans les prochaines heures, une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU est attendue à New York, où la question d’un cessez-le-feu naval sera au cœur des discussions. Mais avec Téhéran sur la défensive et Washington visiblement décidé à maintenir la pression, le risque d’un embrasement régional n’a jamais semblé aussi concret.
