Dimanche en politique : Guetté et Borne face à face sur franceinfo
C’était une matinée politique tendue sur les ondes de franceinfo. Clémence Guetté, figure de La France Insoumise, et Elisabeth Borne, ancienne Première ministre désormais rangée sous la bannière macroniste, se sont succédé dimanche dans l’émission Dimanche en politique, offrant aux auditeurs un contraste saisissant entre deux visions de la France.
Deux France, deux discours
D’un côté, Guetté, vice-présidente de l’Assemblée nationale et proche de Jean-Luc Mélenchon, n’a pas mâché ses mots. Elle a martelé que le gouvernement actuel « fait payer les classes populaires » à travers une politique budgétaire qu’elle juge injuste. De l’autre, Borne a défendu le bilan de son passage à Matignon, rappelant la réforme des retraites — toujours aussi controversée — et les quelque 2 millions d’emplois créés sous le quinquennat Macron. Deux récits. Deux France, presque.
La question budgétaire au cœur des échanges
Le déficit public, attendu autour de 6 % du PIB cette année selon les dernières projections, a été l’un des fils conducteurs de l’émission. Guetté a exigé une taxation accrue des plus riches, citant les superprofits des grands groupes énergétiques. Borne, elle, a mis en garde contre toute dérive dépensière, insistant sur la nécessité de « responsabilité budgétaire ». Et elle a refusé de commenter directement la ligne du Premier ministre actuel, préférant rester dans les généralités.
Un positionnement que ses détracteurs n’ont pas tardé à qualifier de prudence calculée.
Sur la gauche et l’union impossible
Guetté a réaffirmé que le Nouveau Front Populaire restait « la seule alternative crédible » face à la droite et à l’extrême droite. But elle a reconnu, sans fard, que les tensions internes à la coalition — notamment entre LFI et le Parti Socialiste — compliquaient sérieusement toute perspective d’union durable. « On ne va pas se mentir, les discussions sont difficiles », a-t-elle glissé, dans un rare moment de franchise. Yet elle a assuré que le programme commun restait la priorité.
Borne, quant à elle, a taclé le camp adverse avec un sourire : « La gauche ne sait pas gouverner sans se déchirer. » Une pique simple. Efficace.
Et maintenant ?
Les prochaines semaines s’annoncent chargées sur le front politique. Le débat budgétaire à l’Assemblée, prévu pour l’automne, devrait cristalliser toutes ces tensions. Les deux femmes le savent. So elles ont chacune planté leurs drapeaux ce dimanche, conscientes que la bataille de l’opinion se joue aussi dans les studios de radio, à 8 heures du matin, entre deux cafés.
L’émission Dimanche en politique reste l’un des rendez-vous politiques les plus écoutés de la semaine sur franceinfo, avec près de 800 000 auditeurs en moyenne. Un terrain que ni LFI ni les anciens premiers ministres ne peuvent se permettre d’ignorer.
