Un électeur glisse une enveloppe de vote dans l'urne d'un bureau de vote

Présidentielle 2027 : Cazeneuve candidat et refuse la primaire PS

Bernard Cazeneuve a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 dans un entretien accordé au Parisien, publié ce mardi matin. L’ancien Premier ministre, qui a quitté le Parti socialiste en 2022 pour fonder son propre mouvement, La Convention, dit vouloir incarner une gauche de gouvernement. Et il ferme clairement la porte à toute primaire organisée par le PS.

Une candidature assumée, sans détour

Cazeneuve n’a pas tourné autour du pot. « Je suis candidat », a-t-il déclaré au quotidien francilien, précisant qu’il entendait porter « un projet républicain, social et européen » face à ce qu’il décrit comme une montée des extrêmes des deux côtés de l’échiquier politique. À 61 ans, l’ancien ministre de l’Intérieur de François Hollande mise sur son expérience régalienne et sa réputation de sérieux budgétaire pour se distinguer dans un paysage de gauche particulièrement fragmenté.

C’est un pari risqué. La gauche compte déjà plusieurs figures susceptibles de se lancer : Jean-Luc Mélenchon, qui n’a jamais vraiment renoncé à une quatrième candidature, Fabien Roussel du côté communiste, et potentiellement Raphaël Glucksmann, dont la percée aux européennes de juin 2024 a rebattu les cartes.

Le refus de la primaire socialiste, une fracture nette

Sur la question de la primaire que le PS envisage d’organiser, Cazeneuve est catégorique : il n’y participera pas. Une décision qui provoque déjà des remous au sein de la rue de Solférino. Selon un proche de la direction socialiste, « c’est une forme de mépris envers le processus démocratique interne à la gauche ». Cazeneuve, lui, estime qu’une primaire fragiliserait les candidats avant même la campagne officielle et qu’elle profiterait in fine au Rassemblement national.

Son mouvement, La Convention, revendique aujourd’hui environ 12 000 adhérents. Un chiffre modeste comparé aux 40 000 militants que compte encore le PS selon ses propres estimations. Mais Cazeneuve joue la carte de la qualité sur la quantité, s’appuyant sur un réseau d’élus locaux fidèles, notamment dans les grandes métropoles.

Un positionnement clivant à gauche

Ce qui irrite ses adversaires à gauche, c’est surtout son discours sur la sécurité et l’immigration, perçu comme trop proche des thèses de la droite modérée. But Cazeneuve revendique cette ligne. Il refuse l’étiquette de « gauche molle » tout autant que celle de « social-démocrate honteux ».

Still, les sondages ne lui sont pas encore favorables. Dans les dernières enquêtes d’opinion, il plafonne autour de 3 à 4 % des intentions de vote au premier tour. C’est peu. Très peu, même.

Et maintenant ?

La présidentielle est dans un peu plus de deux ans. Cazeneuve a du temps, mais la fenêtre pour exister médiatiquement sans être écrasé par les poids lourds de la politique se refermera vite. Son entretien au Parisien est clairement un coup de starter. La suite dépendra de sa capacité à convaincre au-delà de son cercle de fidèles — et à résister à la pression d’un PS qui n’a pas dit son dernier mot.

Publications similaires