DZ Mafia : le maire d’Alès Christophe Rivenq exfiltré après une menace

Dans la nuit de dimanche à lundi, Christophe Rivenq, maire d’Alès (Gard), a été contraint de quitter précipitamment son domicile après la réception d’une nouvelle menace émanant du groupe criminel connu sous le nom de DZ Mafia. Une opération d’exfiltration menée par les forces de l’ordre dans un contexte de tension extrême.

Une menace jugée « sérieuse et crédible »

Les services de police ont évalué la menace comme particulièrement grave. Selon des sources proches du dossier, le message reçu par l’élu visait directement sa personne et sa famille, contraignant les autorités à agir en urgence dès les premières heures de la matinée. Ce n’est pas la première fois que Rivenq se retrouve dans le viseur de ce groupe : des intimidations avaient déjà été signalées ces derniers mois dans le cadre de sa politique sécuritaire menée sur la commune.

« Nous prenons chaque menace avec le plus grand sérieux. La sécurité des élus de la République n’est pas négociable », a déclaré un responsable du ministère de l’Intérieur, sans préciser l’identité des auteurs présumés du message.

La DZ Mafia, un groupe aux ramifications nationales

La DZ Mafia n’est pas un nom inconnu des enquêteurs. Ce réseau criminel, apparu dans plusieurs grandes agglomérations françaises, est spécialisé dans le trafic de stupéfiants et les violences liées à l’économie souterraine. À Alès, ville de près de 40 000 habitants, les autorités locales estiment que le groupe a tenté de s’implanter durablement dans plusieurs quartiers depuis au moins deux ans. Rivenq avait d’ailleurs multiplié les déclarations publiques contre ces réseaux, soutenant ouvertement les opérations policières menées dans sa ville.

Et c’est précisément cette posture offensive qui semble avoir fait de lui une cible.

Un élu engagé, une ville sous pression

Élu maire d’Alès en 2014 sous l’étiquette de droite, Christophe Rivenq s’est imposé comme une figure locale volontiers combative sur les questions de sécurité. Il avait notamment soutenu le déploiement de 47 caméras de surveillance supplémentaires en 2022 et réclamé à plusieurs reprises des renforts de gendarmerie. Mais cette détermination a visiblement un prix.

Depuis son exfiltration, le maire est placé sous protection rapprochée. Sa famille aurait également été mise en sécurité dans un lieu tenu confidentiel. L’enquête a été confiée à la Direction centrale de la police judiciaire.

Un signal alarmant pour les élus locaux

Cette affaire intervient dans un contexte national préoccupant. Depuis 2021, les menaces visant des élus ont augmenté de 32 % selon les chiffres du Sénat. Des maires de communes moyennes se retrouvent de plus en plus exposés à des pressions venues de milieux criminels organisés. Yet les moyens alloués à leur protection restent, selon de nombreux élus, largement insuffisants.

Dans les prochains jours, une réunion interministérielle devrait être convoquée pour examiner les mesures de protection à renforcer autour des élus directement menacés. Rivenq, lui, n’a pas encore fait de déclaration publique depuis les événements de cette nuit.

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