UEFA : vote unanime pour boycotter le Mondial face à la Fifa
C’est un coup de tonnerre dans le monde du football. L’UEFA a annoncé jeudi que ses membres ont voté à l’unanimité en faveur d’un boycott des prochaines Coupes du monde, une décision radicale prise en réaction au projet controversé de la Fifa et de son président Gianni Infantino de céder une part de la compétition à des investisseurs privés.
Un vote sans appel
Les 55 fédérations membres de l’UEFA ont donc dit non, d’une seule voix. C’est rare, et ça mérite d’être souligné : trouver un consensus unanime entre autant de fédérations aux intérêts souvent divergents, c’est presque inédit. Le vote s’est tenu lors d’une réunion extraordinaire convoquée en urgence, signe que la situation est jugée particulièrement grave par les dirigeants européens. Et le message envoyé à Zurich, siège de la Fifa, est limpide : l’Europe ne se laissera pas faire.
Le projet Infantino, une ligne rouge
Tout part d’une initiative portée depuis plusieurs mois par Gianni Infantino, réélu à la tête de la Fifa en 2023. Son idée : ouvrir le capital commercial de la Coupe du monde à des fonds d’investissement privés, un montage financier qui permettrait à l’instance mondiale de lever des milliards de dollars en échange de droits sur la compétition phare du football mondial. La Fifa parle de modernisation et de développement global. L’UEFA, elle, parle de trahison.
« Nous ne pouvons pas accepter que le patrimoine commun du football mondial soit bradé à des intérêts financiers privés », a déclaré un responsable de l’instance européenne. « La Coupe du monde appartient aux supporters, pas aux actionnaires. »
Des conséquences concrètes et immédiates
Si le boycott venait à se concrétiser, les répercussions seraient colossales. Les équipes européennes représentent historiquement entre 13 et 14 des 32 équipes qualifiées pour la phase finale d’un Mondial standard. Leur absence priverait la compétition de nations comme la France, l’Allemagne, l’Espagne ou le Portugal — autant de marchés télévisuels et publicitaires majeurs.
Sans l’Europe, le Mondial perd une part considérable de sa valeur commerciale. Ce serait donc un tir dans le pied pour la Fifa elle-même.
But au-delà des chiffres, c’est la crédibilité sportive de la compétition qui serait en jeu. Un Mondial sans les champions en titre ou sans les plus grandes nations du continent européen ? Difficile d’imaginer que les diffuseurs maintiendraient des contrats à plusieurs centaines de millions d’euros dans ces conditions.
La suite : une guerre ouverte ou un compromis ?
L’UEFA a précisé qu’elle restait « ouverte au dialogue » mais pose des conditions non négociables : aucune cession de droits sur la Coupe du monde à des entités privées. Infantino, lui, n’a pas encore réagi publiquement à ce vote. Yet les prochaines semaines seront décisives. Le Mondial 2026, organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique, approche à grands pas. Still, c’est surtout pour 2030 et 2034 que les négociations vont se tendre. Le football mondial est entré dans une zone de turbulences, et personne ne sait encore comment il en sortira.
