Loi référendaire en RDC : Tshisekedi face à la crise politique

La République démocratique du Congo traverse une nouvelle zone de turbulences. La validation par l’Assemblée nationale d’une loi référendaire, adoptée le 18 janvier dernier par 379 voix contre 81, a immédiatement ravivé les craintes d’une modification constitutionnelle qui ouvrirait la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi. L’opposition, vent debout, parle d’un coup d’État institutionnel.

Une loi qui fait trembler la Constitution

Le texte en question définit les modalités d’organisation d’un référendum en RDC. Sur le fond, rien de très spectaculaire. Mais c’est le contexte qui inquiète. Tshisekedi arrive en fin de second mandat en 2028, et la Constitution actuelle lui interdit d’en briguer un troisième. Pour ses adversaires, cette loi n’est qu’un premier pas, calculé, vers une révision constitutionnelle qui effacerait cette limite.

Le constitutionnaliste Bienvenu Matumo, consulté par plusieurs partis d’opposition, estime que « voter une telle loi sans débat national préalable, c’est préparer le terrain en silence. » Une lecture que le camp présidentiel rejette catégoriquement.

L’opposition hausse le ton

Les réactions n’ont pas tardé. L’UDPS, paradoxalement le parti fondé par Tshisekedi lui-même mais aujourd’hui fragmenté, ainsi que plusieurs formations de l’opposition traditionnelle, ont appelé à des manifestations dans au moins six provinces du pays. À Kinshasa, Lubumbashi et Goma, des rassemblements ont réuni plusieurs centaines de militants dès le lendemain du vote.

Le président du Mouvement de libération du Congo, Jean-Pierre Bemba, a publié un communiqué en 12 points dénonçant « une dérive autoritaire inacceptable » et exigeant le retrait immédiat du texte. And it’s not just the opposition talking — plusieurs évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo ont exprimé leur « vive préoccupation ».

Kinshasa minimise, mais ne convainc pas

Du côté du gouvernement, le porte-parole Patrick Muyaya a tenté d’éteindre l’incendie. « Cette loi ne modifie aucun article de la Constitution. Elle organise simplement un outil démocratique qui appartient au peuple congolais », a-t-il déclaré lors d’un point presse à Kinshasa.

Yet that’s exactly what’s fueling suspicion. L’argument de la neutralité technique ne passe pas dans un pays qui a déjà vécu, sous Joseph Kabila, une tentative de glissement du calendrier électoral entre 2016 et 2018. La mémoire politique congolaise est longue.

Un climat préélectoral sous tension

La RDC n’organisera pas d’élection avant 2028, mais la campagne informelle est déjà lancée. Plusieurs personnalités politiques, dont l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, ont officiellement annoncé leur intention de se présenter à la présidentielle. Dans ce contexte, la loi référendaire s’impose comme le premier vrai test de rapport de forces.

Still, rien n’est joué. La Cour constitutionnelle pourrait être saisie dans les prochaines semaines, et la pression de la rue congolaise, difficile à contenir, reste un facteur que même Kinshasa ne peut ignorer.

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