Boeing obtient la certification du 737 MAX 7 avec sept ans de retard
Sept ans. C’est le temps qu’il aura fallu à Boeing pour décrocher, ce lundi, la certification de la Federal Aviation Administration (FAA) pour son 737 MAX 7. Une victoire en demi-teinte pour l’avionneur américain, qui reste sous pression alors que le variant MAX 10, attendu par de nombreuses compagnies aériennes, n’a toujours pas reçu son feu vert réglementaire.
Une certification arrachée de haute lutte
Le 737 MAX 7 était initialement prévu pour entrer en service en 2020. Accidents mortels, pandémie, problèmes de production en série — les obstacles se sont accumulés, repoussant année après année la validation du plus petit membre de la famille MAX. La FAA, devenue bien plus exigeante depuis le double crash du MAX 8 en 2018 et 2019 qui avait coûté la vie à 346 personnes, a imposé à Boeing des centaines de modifications et des milliers d’heures de tests supplémentaires. Et le constructeur de Seattle n’t pas eu d’autre choix que de s’y soumettre.
Selon un porte-parole de la FAA, « cette certification reflète notre engagement à ne valider aucun appareil tant que les plus hauts standards de sécurité ne sont pas pleinement satisfaits ». Un message clair, adressé autant à Boeing qu’à l’ensemble de l’industrie.
Un avion qui n’entrera en service qu’en 2027
La certification obtenue, l’histoire n’est pourtant pas terminée. Boeing doit encore finaliser la production des premiers exemplaires destinés aux clients, et les compagnies commanditaires devront former leurs équipages. L’entrée en service commercial est désormais fixée à 2027. Southwest Airlines, qui a commandé 349 appareils de ce type, attend cet avion depuis des années pour moderniser sa flotte vieillissante. Chaque mois de retard représente pour elle des dizaines de millions de dollars de manque à gagner.
C’est un soulagement, mais ce n’est qu’un début.
Le MAX 10, le vrai dossier brûlant
Car derrière le MAX 7 se profile une question bien plus urgente : celle du 737 MAX 10. Ce variant long-courrier de la famille, capable d’accueillir jusqu’à 230 passagers, est celui que les grands transporteurs attendent avec le plus d’impatience. United Airlines a commandé 277 appareils. American Airlines en veut 100. Mais sa certification par la FAA n’est pas attendue avant fin 2025 au plus tôt — et certains analystes évoquent déjà 2026.
Boeing se retrouve ainsi dans une position délicate : célébrer une avancée réelle tout en gérant l’impatience croissante de clients qui ont engagé des milliards de dollars dans des appareils encore sur le papier. Le groupe a enregistré des pertes cumulées de plus de 25 milliards de dollars sur le programme MAX depuis 2019.
Un redressement encore incertain
Still, la certification du MAX 7 envoie un signal positif aux marchés. L’action Boeing a progressé de 2,3 % lundi à Wall Street. Mais les défis structurels demeurent : grèves récentes, tensions avec les sous-traitants, and une FAA qui surveille désormais chaque étape de la chaîne de production. La route vers un Boeing pleinement rétabli est encore longue.
