La France insoumise mise sur la culture pour ses universités d’été 2025
Un programme qui sort des sentiers battus
La France insoumise a levé le voile sur la liste des intervenants de ses universités d’été, prévues fin août. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le parti ne s’est pas contenté d’inviter des économistes et des militants syndicaux. Parmi les noms confirmés : le compositeur breton Yann Tiersen, l’actrice Anna Mouglalis, l’écrivain à succès Pierre Lemaitre, et la militante Adèle Yon. Un casting qui fait davantage penser à un festival qu’à une convention politique.
Ces universités d’été se tiendront du 22 au 24 août à Chasseneuil-du-Poitou, dans la Vienne. Environ 3 000 militants et sympathisants sont attendus sur le site, selon les estimations internes du parti.
La culture comme arme politique
Le choix de figures artistiques n’est pas anodin. LFI cherche depuis plusieurs mois à élargir son socle au-delà de son électorat traditionnel, en investissant le terrain culturel avec une intensité nouvelle. Yann Tiersen, dont la notoriété dépasse largement les cercles politiques grâce à la bande originale du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, représente un signal fort envoyé à une frange de la société peu habituée aux meetings de gauche radicale.
Anna Mouglalis, elle, n’est pas à son premier engagement public. L’actrice franco-grecque a pris des positions tranchées sur plusieurs dossiers sociaux ces dernières années. Pierre Lemaitre, Prix Goncourt 2013 pour Au revoir là-haut, apporte quant à lui une légitimité littéraire indéniable à l’événement.
«Nous voulons que ces universités d’été soient un espace de réflexion collective, pas un simple show politique», a confié un responsable du parti en charge de l’organisation.
Une stratégie de reconquête des classes moyennes ?
Derrière l’aspect festif, il y a un calcul. LFI a perdu des plumes lors des dernières élections européennes de juin 2024, terminant à environ 9,9 % des suffrages. Le parti cherche à reconquérir des électeurs déçus, notamment dans les milieux urbains cultivés qui ont glissé vers d’autres formations. Miser sur des personnalités respectées du monde de l’art et de la littérature, c’est une manière d’envoyer un message : LFI n’est pas qu’un parti de tribuns enflammés.
Still, cette stratégie n’est pas sans risques. Certains observateurs y voient une forme de récupération culturelle qui pourrait agacer les artistes eux-mêmes, jaloux de leur indépendance.
Rendez-vous fin août
Les universités d’été de LFI seront aussi l’occasion pour le mouvement de fixer ses grandes orientations pour l’automne politique, à quelques mois d’un calendrier législatif chargé. Des tables rondes thématiques sur le pouvoir d’achat, l’écologie et les services publics sont également au programme, en parallèle des interventions culturelles.
Le parti compte diffuser plusieurs sessions en direct sur ses réseaux sociaux, visant à toucher un public bien au-delà des 3 000 militants présents sur place.
