Vaccins aux États-Unis : Trump signe un décret qui inquiète les médecins
C’est un nouveau coup porté à la politique vaccinale américaine. Donald Trump a signé lundi un décret présidentiel réclamant une révision profonde du calendrier de vaccination infantile aux États-Unis, ciblant notamment le célèbre vaccin ROR — rougeole, oreillons, rubéole. Le texte, présenté en grande pompe à la Maison-Blanche, demande explicitement que ces trois vaccins soient administrés séparément, abandonnant l’injection combinée utilisée depuis des décennies.
Un décret signé sous les applaudissements de Kennedy
La cérémonie de signature n’avait rien d’anodin. Robert F. Kennedy Jr., secrétaire à la Santé et figure historique du mouvement antivaccins américain, se tenait aux côtés du président. Les deux hommes ont multiplié les insinuations sur un supposé lien entre la vaccination et l’autisme — une théorie réfutée par des centaines d’études scientifiques depuis plus de vingt ans. Trump lui-même a affirmé, sans preuve, que « beaucoup de gens » lui faisaient part de leurs inquiétudes concernant le vaccin ROR.
Kennedy, nommé à la tête du Department of Health and Human Services en janvier 2025, a longtemps affirmé que le thimérosal, un conservateur à base de mercure retiré de la quasi-totalité des vaccins pédiatriques dès 2001, serait responsable de troubles du développement chez l’enfant. Des affirmations que la communauté scientifique internationale rejette unanimement.
La communauté médicale tire la sonnette d’alarme
La réaction des professionnels de santé a été immédiate et tranchante. « Ces recommandations ne reposent sur aucune donnée clinique sérieuse et risquent de désorganiser un système vaccinal qui protège des millions d’enfants », a déclaré un responsable de l’American Academy of Pediatrics, qui regroupe plus de 67 000 pédiatres à travers le pays.
Car le problème est concret. Séparer les trois composantes du ROR implique trois visites médicales distinctes, trois injections, et une fenêtre temporelle plus longue pendant laquelle les enfants restent non protégés. Dans un contexte où les États-Unis ont déjà enregistré plus de 800 cas de rougeole depuis le début de l’année 2025 — un chiffre en forte hausse — les spécialistes redoutent une résurgence de maladies quasi éradiquées.
Une stratégie politique aux conséquences sanitaires imprévisibles
Derrière le décret, une logique électorale et idéologique assumée. Trump consolide sa base conservatrice la plus méfiante envers les institutions médicales, une défiance exacerbée depuis la pandémie de Covid-19. But les experts préviennent : jouer avec la confiance vaccinale a un coût réel, mesurable en hospitalisations et en vies.
So que va-t-il se passer maintenant ? Le décret ne modifie pas encore automatiquement les recommandations officielles des Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Mais il mandate une révision formelle dans les 90 prochains jours. Le résultat de cette révision pourrait redessiner durablement la carte sanitaire des États-Unis.
