Coupe du monde 2026 : quand le football se noie dans la politique
La Coupe du monde a beau se vouloir une fête universelle, elle est depuis longtemps devenue un terrain de jeu politique autant que sportif. En 2026, avec un tournoi co-organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique, la dimension politique s’annonce plus explosive que jamais.
Un trio d’hôtes loin d’être anodin
Confier la compétition à trois pays nord-américains n’est pas un choix neutre. Les tensions entre Washington et Mexico City sur les questions migratoires et commerciales n’ont pas disparu par magie. Et puis, rappelons-le, la FIFA avait attribué cette organisation en 2016, bien avant le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Résultat : des questions s’accumulent sur la liberté de circulation des supporters, notamment ceux venant de pays dont les ressortissants font face à des restrictions de visa américaines. Selon les estimations de plusieurs associations de supporters, plusieurs dizaines de milliers de fans africains et latino-américains pourraient être concernés.
C’est un problème concret, pas théorique.
Qatar 2022, une blessure pas encore cicatrisée
Le souvenir du Mondial qatari reste vif. Des milliers de travailleurs migrants morts sur les chantiers — Human Rights Watch évoque un bilan que le Qatar a toujours contesté —, des lois criminalisant l’homosexualité, une chaleur estivale qui a forcé le report inédit de la compétition en novembre et décembre. Beaucoup de supporters européens avaient alors choisi de boycotter les matchs télévisés. Les audiences dans plusieurs pays comme l’Allemagne et la Norvège avaient effectivement chuté de 20 à 30 % par rapport à 2018.
« On ne peut pas demander aux athlètes de rester neutres quand les conditions politiques affectent directement leur sécurité ou celle du public », a déclaré un responsable d’une fédération nationale européenne, sous couvert d’anonymat.
Les joueurs coincés au milieu
But les footballeurs eux-mêmes sont pris en étau. Certains, comme les internationaux iraniens en 2022 qui avaient refusé de chanter l’hymne national en signe de soutien aux manifestantes, ont pris des risques personnels énormes. D’autres se réfugient derrière le fameux « je suis là pour jouer au foot ». Yet cette neutralité affichée est elle-même un choix politique, dénoncé par les militants des droits humains comme une forme de complicité passive. So la pression sur les joueurs ne va pas s’alléger d’ici à 2026.
La FIFA, arbitre débordée
Still, la FIFA tente de tenir une ligne impossible. L’organisation avait sanctionné des joueurs portant des brassards arc-en-ciel au Qatar. Elle continue de gérer l’exclusion de la Russie tout en intégrant des nations sous régimes autoritaires dans ses instances. Son président Gianni Infantino jongle avec des intérêts économiques colossaux — les droits TV de 2026 devraient dépasser les 7 milliards de dollars — et des exigences éthiques de plus en plus bruyantes.
Le compte à rebours est lancé. Et dans ce mélange de crampons et de calculs diplomatiques, une chose est sûre : personne ne regardera la Coupe du monde 2026 les yeux fermés.
