Égalité femmes-hommes : les services de l’État en région renforcent leur action

La politique d’égalité femmes-hommes s’intensifie sur le terrain. Les services déconcentrés de l’État, présents dans chaque région française, jouent désormais un rôle central dans la mise en œuvre concrète des engagements pris par le gouvernement pour réduire les inégalités persistantes entre les sexes.

Un maillage territorial qui s’étoffe

Depuis 2023, les directions régionales à l’économie, à l’emploi, au travail et aux solidarités — les fameuses DREETS — ont vu leurs missions élargies en matière d’égalité professionnelle. Elles coordonnent aujourd’hui des plans d’action dans 13 régions métropolitaines et 5 territoires ultramarins. Et ce n’est pas qu’une question de chiffres : il s’agit de contrôler, sensibiliser, sanctionner si nécessaire.

En 2024, plus de 4 200 entreprises ont été inspectées pour vérifier le respect de l’index d’égalité professionnelle, un outil obligatoire pour les sociétés de plus de 50 salariés. Parmi elles, 340 ont reçu des mises en demeure pour non-conformité, contre 210 l’année précédente. La progression est nette.

Des écarts salariaux qui résistent

Malgré ces efforts, les inégalités restent tenaces. En France, les femmes gagnent encore en moyenne 16,8 % de moins que les hommes, tous secteurs confondus. Dans certaines régions comme les Hauts-de-France ou la Corse, cet écart dépasse les 20 %. C’est le paradoxe français : une législation parmi les plus avancées d’Europe, mais des réalités de terrain qui peinent à bouger.

« Nous avons les outils juridiques. Ce qui manque, c’est parfois la volonté des employeurs et une meilleure connaissance des droits par les femmes elles-mêmes », a déclaré une responsable régionale d’une DREETS contactée par notre rédaction.

Les violences conjugales, priorité affichée

Au-delà du travail, les préfectures s’investissent sur un autre front : la lutte contre les violences faites aux femmes. En 2024, le gouvernement a débloqué 66 millions d’euros supplémentaires pour financer des places d’hébergement d’urgence et des postes d’intervenants sociaux en commissariat. Still, le manque de moyens humains dans les zones rurales reste criant. Certaines victimes doivent parcourir plus de 50 kilomètres pour accéder à une structure d’accueil spécialisée.

Les associations féministes locales, elles, saluent les annonces tout en réclamant une continuité budgétaire que les aléas politiques ne garantissent pas toujours.

La suite : des ambitions à confirmer

Le gouvernement prévoit de généraliser d’ici fin 2025 des « référents égalité » dans l’ensemble des préfectures de département. Une mesure attendue mais dont le financement reste à préciser dans le prochain projet de loi de finances. But les acteurs de terrain ne cachent pas leur scepticisme face aux promesses répétées. L’égalité femmes-hommes en France avance — c’est indéniable. La question est de savoir si le rythme sera enfin à la hauteur des enjeux.

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