Affaire Le Scouarnec : les victimes méfiantes avant la rencontre avec Darmanin
Le collectif de victimes de l’affaire Le Scouarnec ne cache pas son inquiétude. À quelques heures d’une rencontre prévue vendredi en Bretagne avec le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, plusieurs représentants du groupe redoutent que cette réunion ne serve avant tout à redorer l’image d’un homme politique, plutôt qu’à répondre concrètement à leurs attentes.
Une rencontre attendue, mais scrutée
L’affaire Le Scouarnec a éclaboussé la France entière. Joël Le Scouarnec, chirurgien de 68 ans, a été condamné en 2020 pour des agressions sexuelles sur quatre victimes mineures. Mais l’enquête a depuis révélé un nombre effarant de potentielles victimes supplémentaires — les investigations évoquent plus de 300 noms dans ses carnets personnels. Un deuxième procès est attendu. Et c’est dans ce contexte tendu que Darmanin s’apprête à se rendre sur place.
Certains membres du collectif ont accepté de participer à cette rencontre, mais avec des réserves explicites. « On ne veut pas être instrumentalisés », a confié une représentante du groupe, refusant de donner son nom. « Si c’est pour faire des photos et repartir à Paris, ça ne nous intéresse pas. »
La crainte d’un effet d’annonce
Le collectif, qui fédère des dizaines de familles touchées par cette affaire, réclame depuis des mois des mesures concrètes : renforcement des contrôles sur les professionnels de santé, meilleure prise en charge psychologique des victimes, et une réforme du casier judiciaire accessible aux établissements hospitaliers. Des demandes précises, documentées, chiffrées.
But pour l’heure, aucun engagement ferme n’a été communiqué en amont de la réunion. C’est exactement ce silence qui inquiète. Le collectif craint que Darmanin n’arrive vendredi avec des promesses floues et une caméra, sans véritable feuille de route.
Ce n’est pas la première fois qu’une telle méfiance s’exprime envers des responsables politiques dans cette affaire. En 2023 déjà, plusieurs familles avaient dénoncé ce qu’elles appelaient un « tourisme mémoriel » de la part d’élus venus exprimer leur « soutien » sans suite.
Des attentes très précises
Le collectif a transmis un document de sept pages au cabinet du ministre avant la rencontre. Il y détaille notamment une demande de création d’un fichier national croisant les signalements disciplinaires des ordres professionnels avec les données judiciaires. Une mesure qui, selon leurs experts, pourrait être opérationnelle en moins de dix-huit mois si la volonté politique existe vraiment.
Still, certains membres restent ouverts au dialogue. Ils won’t fermer la porte, mais ils exigent des actes.
Et maintenant ?
La réunion de vendredi pourrait marquer un tournant — ou confirmer les pires craintes du collectif. Si Darmanin repart sans engagements écrits et datés, les victimes ont prévenu qu’elles hausseraient le ton avant le deuxième procès, dont la date n’est pas encore fixée. Les familles, elles, continueront d’attendre. Comme depuis le début.
