Vote par correspondance : Trump relance la bataille à deux mois des midterms

Le vote par correspondance est de nouveau dans le viseur de Washington. À deux mois des élections de mi-mandat, prévues le 5 novembre prochain, l’administration Trump multiplie les déclarations et les initiatives juridiques pour restreindre ou discréditer ce mode de scrutin, utilisé par des dizaines de millions d’Américains lors des derniers cycles électoraux.

Une offensive coordonnée sur plusieurs fronts

Ce n’est pas la première fois. Depuis 2020, Donald Trump et ses alliés n’ont jamais vraiment abandonné ce cheval de bataille. Mais l’intensité actuelle de la campagne surprend même certains observateurs républicains. En l’espace de trois semaines, la Maison-Blanche a soutenu au moins quatre procédures judiciaires dans des États clés — Arizona, Wisconsin, Pennsylvanie et Nevada — visant à durcir les conditions d’utilisation du vote postal. And dans plusieurs de ces États, les marges électorales lors des dernières présidentielles ne dépassaient pas 1,5 point de pourcentage.

L’argument central reste le même : le vote par correspondance serait structurellement vulnérable à la fraude. Yet les études indépendantes, y compris celles commandées par des gouvernements républicains, n’ont jamais mis en évidence de fraude systématique à grande échelle.

Des chiffres qui donnent le vertige

En 2020, environ 46 % des votes américains ont été exprimés par correspondance, soit près de 65 millions de bulletins. En 2022, lors des précédentes midterms, ce chiffre était redescendu à environ 30 %, mais restait historiquement élevé. So l’enjeu est considérable pour les deux partis.

Les démocrates, eux, ont massivement investi dans des programmes d’incitation au vote postal, perçu comme un avantage pour leur électorat — notamment les jeunes, les minorités et les personnes âgées. Still, certains stratèges démocrates reconnaissent en privé que la logistique du vote par correspondance peut être semée d’embûches pour des électeurs peu familiers avec les procédures administratives.

Une stratégie risquée pour les républicains ?

Paradoxalement, plusieurs responsables républicains locaux s’inquiètent de cette offensive. « Décourager notre propre électorat du vote anticipé, c’est se tirer une balle dans le pied », a confié un élu républicain d’un comté rural de Pennsylvanie, sous couvert d’anonymat.

C’est le nœud du problème.

Car si les électeurs trumpistes ont longtemps boudé le vote postal — en partie à cause des messages de méfiance diffusés par leur propre camp — certains candidats républicains tentent désormais de renverser la tendance, en encourageant leurs partisans à voter par correspondance tout en continuant à critiquer le système. Une contradiction difficile à tenir sur la durée.

Vers un automne électoral sous haute tension

Les semaines à venir seront décisives. Plusieurs États doivent encore statuer sur des recours en cours, et les règles du jeu pourraient encore évoluer avant le scrutin. But l’administration Trump semble avoir fait son choix : faire du vote par correspondance un marqueur identitaire fort, quitte à alimenter la défiance envers les institutions électorales dans leur ensemble. Une stratégie dont les conséquences dépasseront, très certainement, le seul mois de novembre.

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