Elargissement : le tournant hongrois rouvre le dossier ukrainien, et la France joue la carte d’une adhesion maitrisee
Le dossier de l’adhesion de l’Ukraine a l’Union europeenne connait un tournant a l’approche du Conseil europeen des 23-24 juin 2026. L’arrivee au pouvoir du Premier ministre hongrois pro-europeen Peter Magyar, qui a succede a Viktor Orban le 9 mai, a leve le principal obstacle a l’ouverture du premier cluster de negociation avec Kyiv et Chisinau.
La fin du verrou hongrois
Pendant des annees, la Hongrie d’Orban a bloque les avancees sur l’elargissement et le soutien a l’Ukraine. Le gouvernement Magyar a change de cap, tout en posant une condition : que l’Ukraine garantisse a la minorite hongroise les memes droits que ceux dont beneficient les minorites dans les autres Etats membres, point au coeur de consultations techniques entre Budapest et Kyiv.
Un calendrier de juin
La commissaire a l’Elargissement Marta Kos a indique que le premier cluster, les Fondamentaux, pourrait etre ouvert en juin sous la presidence chypriote, les cinq autres suivant d’ici juillet sous presidence irlandaise. Le vice-Premier ministre ukrainien Taras Kachka plaide pour l’ouverture des six clusters des le mois de juin.
La position francaise
Paris soutient de longue date une perspective europeenne pour l’Ukraine, tout en insistant sur une adhesion maitrisee, conditionnee aux reformes — Etat de droit, lutte anticorruption — et accompagnee d’une reflexion sur l’impact budgetaire et agricole pour l’Union elargie. La France plaide pour que les avancees ukrainiennes soient inscrites dans un paquet global incluant la Moldavie et les Balkans occidentaux.
Le test du sommet de juin
Le Conseil europeen des 23-24 juin sera le premier veritable test de la nouvelle arithmetique politique. Pour la France comme pour ses partenaires, l’enjeu est de transformer la levee du veto hongrois en avancee concrete, sans rouvrir les divisions sur le rythme et le cout de l’elargissement.
