Arménie : Pachinian triomphe malgré les tensions avec Moscou

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a remporté dimanche un succès éclatant aux élections législatives, obtenant plus de 51% des suffrages selon les résultats partiels. Un triomphe qui intervient alors que ses relations avec Moscou n’ont jamais été aussi tendues.

Une victoire nette face aux pro-russes

L’alliance Arménie forte, ouvertement pro-russe, termine loin derrière avec un score bien inférieur aux attentes. Ce scrutin, qui a mobilisé 59% des électeurs, faisait figure de référendum sur la politique étrangère menée par Pachinian depuis plusieurs années. Le dirigeant arménien n’a pas caché son intention de diversifier les partenariats de son pays, longtemps considéré comme un allié indéfectible du Kremlin.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec un écart de plus de 30 points sur ses principaux adversaires, Pachinian dispose désormais d’une marge de manœuvre considérable pour poursuivre son virage occidental.

Le pari du rapprochement avec l’Occident

Depuis la défaite militaire face à l’Azerbaïdjan en 2020, Pachinian reproche à Moscou son manque de soutien. Il a progressivement multiplié les contacts avec Bruxelles et Washington. Des exercices militaires conjoints avec les États-Unis ont même été organisés l’an dernier, provoquant l’ire du Kremlin.

„Les Arméniens ont clairement exprimé leur souhait d’une politique étrangère équilibrée et tournée vers l’avenir”, a déclaré un responsable du parti au pouvoir. „C’est un vote de confiance pour notre orientation européenne.”

But cette stratégie comporte des risques. La Russie maintient encore des troupes sur le sol arménien et reste un partenaire économique majeur. Moscou n’a d’ailleurs pas tardé à réagir froidement aux résultats.

Quelles perspectives pour Erevan ?

Avec ce nouveau mandat, Pachinian devrait accélérer les négociations d’adhésion à divers programmes européens. L’Union européenne a déjà promis une enveloppe d’aide substantielle pour soutenir les réformes démocratiques du pays. Yet les défis restent immenses : l’économie arménienne demeure fragile, et la question du Haut-Karabakh continue d’empoisonner les relations régionales.

Le Premier ministre arménien devra maintenant prouver qu’il peut transformer ce soutien populaire en résultats concrets, tout en gérant la colère prévisible de son ancien protecteur russe.

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