Ingérences, budget et carburant : l’opération déminage de Macron
Emmanuel Macron est sur tous les fronts. En cette semaine chargée, le chef de l’État tente de désamorcer plusieurs crises simultanées qui menacent de parasiter l’entrée dans une année 2025 déjà sous haute tension politique. Ingérences étrangères, budget impopulaire, prix du carburant : le calendrier présidentiel ressemble de plus en plus à un champ de mines.
La géopolitique s’invite dans la campagne présidentielle
L’ombre des ingérences étrangères plane désormais ouvertement sur la vie politique française. Plusieurs enquêtes en cours, notamment autour de financements supposés venus de Russie ou d’autres puissances étrangères, commencent à polluer le débat public à moins de deux ans de la prochaine présidentielle. Richard Werly, éditorialiste pour le média suisse Blick, résume l’ambiance : « La France n’est plus à l’abri de ce que les Américains ont vécu en 2016. Les partis extrêmes sont ciblés, mais l’éclaboussure touche tout le monde. »
Macron a répondu en convoquant, mercredi, une réunion interministérielle consacrée à la souveraineté numérique. Discret sur les détails, l’Élysée a tout de même confirmé qu’un rapport sera remis au Parlement avant le 15 mars prochain. But the damage is already partly done : l’opinion publique, saturée de soupçons, fait de moins en moins confiance aux institutions.
Et puis il y a le budget. Le projet de loi de finances 2027, qui prévoit 40 milliards d’euros d’économies sur trois ans, reste profondément impopulaire. Selon un sondage Ipsos publié mardi, 67 % des Français jugent l’effort demandé « injuste ». Le gouvernement, lui, maintient le cap. Pas question de revenir sur les grandes lignes, même si quelques ajustements techniques sont envisagés sur la fiscalité des petites entreprises.
Ségolène Royal et le carburant viennent compliquer la donne
À gauche, c’est une autre pagaille. Ségolène Royal a officiellement annoncé sa candidature à la primaire organisée par le Nouveau Front Populaire, jouant les trouble-fête dans un processus que ses initiateurs espéraient plus ordonné. Elle réclame notamment une baisse immédiate des taxes sur le carburant, une mesure populaire mais que Bercy évalue à 4 milliards d’euros de manque à gagner annuel.
Ce détail chiffré résume tout l’inconfort de l’exécutif.
Face à cette multiplication des fronts, Macron mise sur le tempo. Occuper le terrain, répondre vite, ne laisser aucun vide médiatique. La stratégie a déjà fonctionné par le passé. Suffira-t-elle encore, dans un pays où la défiance politique atteint des niveaux records ?
