Maire d’Alès menacé par la DZ Mafia : la classe politique se mobilise

Le maire d’Alès, Max Roustan, a été contraint de quitter temporairement son domicile après avoir reçu des menaces directes attribuées à la DZ Mafia, un réseau criminel d’origine algérienne actif dans plusieurs villes françaises. L’affaire a provoqué une onde de choc dans la classe politique, toutes tendances confondues.

Une exfiltration d’urgence

C’est dans la nuit de mercredi à jeudi que les forces de l’ordre ont procédé à l’exfiltration de l’élu. Des messages explicites, jugés crédibles par les services de police, visaient directement le maire et sa famille. Max Roustan, 74 ans, dirige la commune du Gard depuis 2001. Il n’en est pas à sa première menace, mais cette fois, le niveau de danger évalué par les autorités a justifié une mise à l’abri immédiate. La préfecture du Gard a confirmé l’incident sans en préciser les détails opérationnels.

La DZ Mafia est connue des services de renseignement depuis plusieurs années. Ce réseau, implanté notamment dans les quartiers sensibles de villes comme Montpellier, Marseille ou encore Nîmes, est lié au trafic de stupéfiants à grande échelle. Et selon des sources proches de l’enquête, la commune d’Alès serait devenue une zone de tension après plusieurs opérations judiciaires récentes ciblant ses membres.

Une classe politique unanime dans son soutien

Rarement un incident de ce type aura suscité une réaction aussi rapide et transpartisane. Le Premier ministre a exprimé « sa totale solidarité » avec le maire dès le lendemain matin. À droite comme à gauche, les déclarations se sont multipliées. Marine Le Pen a parlé d’« une attaque contre la République elle-même ». Du côté du Parti socialiste, un communiqué a exigé « des réponses pénales fermes et immédiates ».

« Aucun élu de la République ne doit avoir à choisir entre l’exercice de son mandat et sa sécurité », a déclaré un membre du gouvernement, joint par notre rédaction.

But beyond the statements, c’est la question de fond qui revient : peut-on encore gouverner une commune sous pression criminelle sans protection renforcée ? Plusieurs maires de villes moyennes, contactés ce vendredi, avouent recevoir régulièrement des intimidations qu’ils ne signalent pas systématiquement.

Un phénomène plus répandu qu’il n’y paraît

Ce n’est pas un cas isolé. En 2023, au moins 14 élus locaux avaient signalé des menaces directes liées au trafic de drogue, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Yet la plupart de ces affaires n’ont pas atteint ce niveau de visibilité médiatique.

Le parquet de Nîmes a ouvert une enquête pour menaces de mort aggravées. Trois interpellations auraient déjà eu lieu dans les 48 heures suivant les faits, selon une source judiciaire. Still, l’enquête reste à un stade préliminaire.

Quelles suites pour Max Roustan et la commune ?

Le maire devrait reprendre ses fonctions dans les prochains jours, sous protection policière renforcée. La mairie d’Alès a indiqué que les services municipaux continuaient de fonctionner normalement. So la question qui reste entière est celle de la durée : combien de temps cette protection peut-elle être maintenue, et à quel coût pour les effectifs locaux déjà sous tension ? La réponse pénale, elle, ne fait que commencer.

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