Mort d’Abderrahim Fakir : Bologne descend dans la rue

Bologne, samedi soir. Des centaines de personnes ont envahi les rues du centre-ville pour réclamer justice après la mort d’Abderrahim Fakir, un homme de 42 ans d’origine marocaine décédé lors de son interpellation par la police italienne. Une manifestation spontanée, tendue, qui a rapidement pris de l’ampleur.

Une interpellation qui tourne au drame

Les faits se sont produits en début de semaine. Selon les premières informations, des agents de la police municipale de Bologne sont intervenus à la suite d’un signalement. Abderrahim Fakir, père de famille résidant en Italie depuis plusieurs années, a été immobilisé au sol. Il est décédé peu après, sans jamais avoir repris connaissance. Les circonstances exactes de sa mort restent à établir. Une autopsie a été ordonnée.

Les témoins présents lors de l’intervention décrivent une scène violente. Plusieurs d’entre eux affirment avoir vu l’homme maintenu au sol pendant plusieurs minutes, un genou appuyé sur le dos. Des images circulent sur les réseaux sociaux, mais leur authenticité n’a pas encore été officiellement confirmée.

Plusieurs centaines de manifestants dans les rues

Dès le lendemain, la nouvelle s’est répandue dans les communautés migrantes et les milieux associatifs de la ville. Le week-end, ils étaient entre 400 et 600 manifestants à défiler depuis la Piazza Maggiore, scandant les noms de Fakir et de George Floyd dans un même souffle. Drapeaux, bougies, pancartes en italien, en arabe, en anglais.

La tension est montée d’un cran lorsque le cortège a approché le commissariat central.

« Nous demandons une enquête transparente, indépendante, et des réponses claires pour la famille », a déclaré un représentant d’une association locale de défense des droits des migrants, présent en tête du cortège. « Ce n’est pas acceptable. Pas ici, pas ailleurs. »

La classe politique divisée

Du côté politique, les réactions sont tranchées. La gauche municipale a appelé à la retenue et soutenu l’ouverture d’une enquête judiciaire indépendante. À droite, certains élus ont au contraire défendu les forces de l’ordre, rappelant que les policiers impliqués ont été placés sous enquête administrative — une procédure standard dans ce type de cas. Le syndicat policier Coisp a publié un communiqué affirmant que ses membres « ont agi conformément aux procédures en vigueur ».

Mais pour les proches d’Abderrahim Fakir, ces déclarations sonnent creux. Sa famille, encore sous le choc, a mandaté un avocat pour suivre l’affaire. Elle réclame l’accès aux enregistrements des caméras de surveillance.

Une enquête judiciaire ouverte

Le parquet de Bologne a ouvert une enquête pour homicide involontaire. Trois agents sont actuellement identifiés comme mis en cause. Les résultats de l’autopsie sont attendus dans les prochains jours et pourraient changer radicalement le cours de l’affaire. D’autres rassemblements sont déjà annoncés pour la semaine à venir, à Bologne, mais aussi à Rome et Milan.

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