Repas étudiant à 1 € : 143 millions d’euros prévus au budget 2025

Le dispositif du repas étudiant à 1 euro continue de séduire massivement les étudiants français. Face à une demande qui dépasse toutes les projections initiales, le gouvernement confirme une enveloppe de 143 millions d’euros inscrite dans le prochain budget pour pérenniser et étendre la mesure.

Un succès qui dépasse les attentes

Lancé en 2020 dans un contexte de crise sanitaire et de précarité étudiante galopante, le repas à 1 euro dans les restaurants universitaires du CROUS n’était au départ qu’une mesure d’urgence. Personne ne pensait vraiment qu’elle s’installerait dans la durée. Et pourtant. Depuis sa généralisation, ce sont des millions de repas servis chaque année à tarif solidaire — le chiffre dépasse désormais les 30 millions de repas annuels sur l’ensemble du territoire national.

« Face au succès indéniable du dispositif, nous avons fait le choix fort d’inscrire 143 millions d’euros dans le prochain projet de loi de finances », a déclaré un responsable du ministère de l’Enseignement supérieur. « Ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité sociale. »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2023, près d’un étudiant boursier sur deux a eu recours au moins une fois au repas à 1 euro. Mais la mesure bénéficie aussi, sous conditions, à des étudiants non boursiers en situation de difficulté financière, ce qui élargit considérablement son impact réel.

Les CROUS sous pression

Derrière ce succès se cache une réalité moins reluisante : les Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires sont à bout de souffle. Les cuisines tournent à plein régime, le personnel est épuisé, et certains restaurants affichent complet dès 11h30. La capacité d’accueil ne suit tout simplement pas.

À Rennes, à Lyon ou à Bordeaux, les files d’attente s’allongent chaque midi. Des étudiants témoignent d’attentes de 45 minutes, parfois davantage. So oui, le repas coûte 1 euro — mais le temps, lui, a un prix.

Les syndicats étudiants réclament depuis des mois des investissements structurels, pas uniquement des crédits de fonctionnement. Rénover les restaurants, ouvrir de nouveaux sites, recruter des agents : tout cela a un coût bien supérieur aux 143 millions annoncés.

Un budget qui ne règle pas tout

143 millions d’euros, c’est un signal politique fort. Mais les associations de terrain restent prudentes.

Car la précarité étudiante, elle, ne se résume pas à un seul repas par jour. Loyer, transport, matériel pédagogique, soins de santé : les besoins sont larges et le repas à 1 euro, aussi symbolique soit-il, ne couvre qu’une fraction du problème. Certains économistes estiment qu’il faudrait tripler l’enveloppe pour répondre véritablement à la crise.

Still, le gouvernement mise sur cette mesure phare pour afficher un engagement concret envers la jeunesse. Le projet de loi de finances sera présenté à l’Assemblée nationale à l’automne. Les débats promettent d’être vifs, notamment sur la question du financement à long terme d’un dispositif que personne, désormais, n’ose remettre en cause ouvertement.

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