Protection de l’océan : le gouvernement jugé peu ambitieux
Les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement français pour renforcer la protection de l’océan n’ont pas convaincu les organisations environnementales. Jugées insuffisantes face à l’urgence climatique et à la dégradation des écosystèmes marins, ces annonces déçoivent les défenseurs de l’environnement qui espéraient des engagements plus concrets.
Des objectifs en deçà des attentes
Le plan gouvernemental prévoit l’extension de zones marines protégées à hauteur de 15% des eaux territoriales d’ici 2027. Un chiffre qui reste en dessous des recommandations internationales fixant l’objectif à 30% d’ici 2030. Les ONG dénoncent également le manque de moyens alloués à la surveillance et au contrôle de ces espaces.
Seulement 45 millions d’euros seront débloqués sur trois ans pour la mise en œuvre du dispositif. C’est nettement insuffisant selon les spécialistes, qui estiment qu’il faudrait tripler ce budget pour assurer une protection efficace.
La pêche intensive peu encadrée
Les associations reprochent au gouvernement de ne pas s’attaquer frontalement à la pêche industrielle, principale menace pesant sur la biodiversité marine. Aucune interdiction de méthodes destructrices comme le chalutage de fond n’a été annoncée dans les zones sensibles. Et la régulation des activités de pêche reste floue, sans calendrier précis de mise en application.
„Nous prenons acte de ces annonces, mais nous attendons des mesures contraignantes et un contrôle renforcé sur le terrain”, a déclaré un représentant d’une coalition d’organisations environnementales. „Sans moyens humains et financiers à la hauteur, ces engagements resteront lettre morte.”
Un décalage avec les ambitions affichées
Le gouvernement s’était pourtant engagé à faire de la protection des océans une priorité nationale lors de la dernière conférence sur le climat. Mais les mesures concrètes tardent à se traduire en actes. Les scientifiques alertent sur l’acidification des océans, la montée des températures et l’effondrement de nombreuses populations de poissons.
La France dispose pourtant du deuxième domaine maritime mondial avec 11 millions de kilomètres carrés. Une responsabilité qui impose, selon les experts, des actions beaucoup plus volontaristes. Les prochains mois seront déterminants pour observer si le gouvernement renforce son dispositif face aux critiques croissantes des acteurs environnementaux et de la communauté scientifique.
