Mahammad Mirzali : « Ma vie est finie » après son agression

L’opposant politique azéri Mahammad Mirzali s’est présenté ce mardi devant le tribunal correctionnel de Rennes pour témoigner lors du procès de ses agresseurs. « Ma vie est finie », a-t-il déclaré d’une voix brisée, décrivant les conséquences dramatiques de l’attaque dont il a été victime en mars 2021.

Une agression violente en pleine rue

Les faits remontent au 4 mars 2021. Ce jour-là, Mahammad Mirzali, réfugié politique en France depuis 2017, est violemment agressé à Rennes. Trois hommes l’auraient pris pour cible alors qu’il circulait dans les rues de la ville bretonne. L’opposant, connu pour ses critiques virulentes contre le régime azerbaïdjanais, subit des coups et des blessures qui nécessiteront plusieurs semaines de soins.

Mais ce n’est pas seulement son corps qui a souffert.

Un quotidien bouleversé par la peur

Devant les juges, Mahammad Mirzali a décrit une existence désormais placée sous le signe de l’angoisse permanente. « Je ne peux plus sortir normalement. Je regarde sans cesse derrière moi », confie-t-il. L’homme de 42 ans explique qu’il a perdu son sentiment de sécurité, même sur le sol français où il pensait avoir trouvé refuge.

Ses proches témoignent d’un changement radical de comportement. L’activiste, autrefois visible lors de manifestations et sur les réseaux sociaux, s’est progressivement retiré de la vie publique. And pour cause : il craint que l’attaque ne se reproduise. Son avocat évoque un syndrome post-traumatique sévère nécessitant un suivi psychologique régulier.

Un procès sous haute surveillance

Les trois prévenus, âgés de 28 à 35 ans, comparaissent pour violences volontaires aggravées. Le parquet de Rennes a requis des peines de prison ferme, estimant que l’agression présentait « une dimension politique évidente ». L’un des avocats de la défense a contesté cette qualification, arguant d’un « simple différend ».

Yet les enquêteurs ont établi des liens troublants entre les accusés et des réseaux proches du pouvoir azerbaïdjanais. Des échanges téléphoniques saisis lors de l’enquête mentionneraient explicitement le nom de Mirzali plusieurs jours avant l’attaque. Le délibéré est attendu pour le 15 février prochain.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de répression extraterritoriale visant les opposants azerbaïdjanais en Europe. D’autres cas similaires ont été signalés en Allemagne et aux Pays-Bas ces dernières années, soulevant des questions sur la protection des réfugiés politiques dans l’Union européenne.

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