L’ambassade d’Italie réunit le gratin sécuritaire français

Le tout-Paris de la défense et du renseignement s’est retrouvé mardi soir dans les salons feutrés de l’ambassade d’Italie, rue de Varenne. Une réception qui n’avait rien d’anodin dans le contexte géopolitique actuel, où Rome et Paris cherchent à resserrer leurs liens en matière de sécurité.

Hauts gradés militaires, directeurs d’agences de renseignement et responsables politiques ont convergé vers le 7ème arrondissement. L’événement a attiré plus d’une centaine de personnalités tricolores, venues échanger avec leurs homologues transalpins autour d’un buffet digne des grandes occasions diplomatiques.

Une coopération renforcée depuis 2022

Les relations franco-italiennes en matière de sécurité ont pris un nouveau tournant après l’arrivée de Giorgia Meloni à la présidence du Conseil en octobre 2022. Malgré les divergences politiques initiales, Paris et Rome ont multiplié les échanges sur les questions de défense, de lutte antiterroriste et de cybersécurité. Et ce rapprochement ne s’est pas démenti depuis.

La coopération bilatérale s’est particulièrement intensifiée sur le dossier libyen, où les deux pays partagent des intérêts stratégiques majeurs. Les services de renseignement français et italiens ont également renforcé leur coordination face aux menaces jihadistes dans le Sahel, région où l’influence italienne ne cesse de croître.

Les géants de la défense en embuscade

Derrière les mondanités diplomatiques, c’est aussi une bataille industrielle qui se joue. Les groupes français Thales et Dassault Aviation cherchent à décrocher des contrats en Italie, tandis que Leonardo, le géant italien de l’aérospatiale et de la défense, lorgne sur le marché français. Les discussions informelles de mardi soir pourraient bien préparer le terrain pour des annonces à venir.

„Les relations entre nos deux pays n’ont jamais été aussi denses sur le plan sécuritaire”, confiait un participant sous couvert d’anonymat. „C’est du concret, pas seulement des symboles.”

Un signal vers Bruxelles

Cette soirée intervient aussi alors que la France et l’Italie tentent de peser davantage dans les discussions sur l’autonomie stratégique européenne. Les 27 États membres de l’UE doivent se prononcer dans les prochains mois sur une enveloppe de 100 milliards d’euros destinée à la défense commune.

Rome et Paris comptent bien montrer qu’ils sont sur la même longueur d’onde. L’enjeu n’est pas négligeable: définir qui pilotera les futurs programmes d’armement européens et comment seront répartis les budgets entre les capitales. La partie ne fait que commencer.

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