Atelier d’armes 3D démantelé à Pau : quatre mis en examen

Un atelier clandestin de fabrication d’armes létales par impression 3D a été démantelé à Pau cette semaine. Quatre hommes ont été mis en examen dans le cadre de cette affaire qui révèle l’ampleur d’un trafic sophistiqué d’armement imprimé, a annoncé samedi le parquet de Toulouse.

L’opération policière s’est déroulée dans le quartier du Hameau, où les enquêteurs ont découvert un dispositif de production particulièrement élaboré. Les suspects auraient fabriqué des armes destinées à la vente sur le marché parallèle, exploitant les failles de la législation sur les imprimantes 3D.

Un arsenal numérique inquiétant

Les services spécialisés ont saisi trois imprimantes 3D haute résolution, plusieurs dizaines de fichiers de conception d’armes, ainsi que du matériel de finition. L’atelier disposait également de filaments polymères spécifiques, capables de produire des pièces résistantes. Les techniciens ont identifié au moins sept modèles d’armes différents, dont certains répliquant des pistolets semi-automatiques de calibre 9mm.

But ce n’est pas tout. Les enquêteurs ont également découvert des munitions artisanales et des pièces métalliques destinées à renforcer la structure des armes imprimées. „C’était une véritable chaîne de production organisée”, a confié une source proche du dossier.

Une enquête déclenchée par la DGSI

L’investigation a débuté il y a six mois, suite à un signalement de la Direction générale de la sécurité intérieure. Les suspects, âgés de 24 à 38 ans, communiquaient via des messageries cryptées et utilisaient des plateformes du dark web pour écouler leur production. Ils auraient vendu entre 15 et 20 armes au cours des derniers mois, pour des montants allant de 800 à 1500 euros pièce.

So far, les autorités n’ont pas établi de lien direct avec des réseaux terroristes. Yet l’affaire souligne les défis posés par ces nouvelles technologies de fabrication artisanale.

Des peines sévères encourues

Les quatre mis en examen sont poursuivis pour fabrication, détention et commerce illégal d’armes de catégorie A et B. Ils encourent jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 500 000 euros d’amende. Trois d’entre eux ont été placés en détention provisoire, tandis que le quatrième fait l’objet d’un contrôle judiciaire strict.

„Cette opération démontre notre détermination à lutter contre la prolifération d’armes fabriquées par impression 3D”, a déclaré le procureur de la République de Toulouse dans un communiqué.

Les autorités prévoient désormais de renforcer la surveillance du marché des imprimantes 3D haute performance. Un groupe de travail interministériel devrait être constitué dans les prochaines semaines pour encadrer davantage cette technologie accessible et difficilement contrôlable.

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