Brevet et bac : deux points en moins pour les copies mal rédigées

C’est une mesure qui risque de faire grincer des dents dans les lycées et collèges de France. À partir de cette session d’examens, les élèves présentant le brevet des collèges ou le baccalauréat s’exposent à une pénalité d’« au minimum deux points » si leur copie est jugée trop défaillante sur le plan de la langue française. L’annonce, confirmée par le ministère de l’Éducation nationale, s’inscrit dans une volonté affichée de revaloriser la maîtrise du français écrit à l’école.

La mesure s’appliquera à l’ensemble des matières, sciences comprises. Autrement dit, un élève brillant en mathématiques ou en histoire-géographie pourrait voir sa note amputée s’il accumule les fautes d’orthographe, les erreurs syntaxiques ou les formulations incompréhensibles. Deux points minimum, donc, mais potentiellement davantage selon l’appréciation des correcteurs.

Une pénalité qui s’applique à toutes les matières

La question qui se pose immédiatement, c’est celle de l’équité. Certains enseignants, notamment en sciences, s’interrogent sur leur légitimité à évaluer la qualité rédactionnelle d’une copie. Un professeur de physique est-il réellement outillé pour juger la syntaxe d’un élève au même titre qu’un professeur de lettres ? Le ministère assure que des consignes claires seront transmises aux correcteurs avant les épreuves.

« L’objectif n’est pas de sanctionner pour sanctionner, mais de rappeler que la langue française est un outil fondamental dans toutes les disciplines », a indiqué un responsable du ministère de l’Éducation nationale. Une position qui ne convainc pas tout le monde.

Du côté des syndicats d’enseignants, les réactions sont mitigées. Certains saluent une initiative longtemps réclamée face à la dégradation supposée du niveau en français. D’autres s’inquiètent d’un effet punitif sur des élèves déjà en difficulté, notamment ceux issus de milieux défavorisés ou dont le français n’est pas la langue maternelle. Ces derniers pourraient se retrouver doublement pénalisés.

Un débat qui dépasse largement les salles d’examen

Le niveau en orthographe des élèves français fait l’objet d’inquiétudes régulières depuis des années. Une étude menée en 2023 par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) révélait qu’un élève de CM2 commettait en moyenne trois fois plus de fautes qu’un élève du même niveau en 1987. Des chiffres qui avaient relancé le débat sur l’enseignement du français à l’école primaire.

Cette pénalité au brevet et au bac n’est donc pas née de nulle part. Elle s’inscrit dans un contexte où la question du niveau scolaire est devenue un enjeu politique à part entière, relancé à chaque publication de classement international ou d’étude comparative.

Reste à savoir comment cette mesure sera appliquée concrètement. La session 2025 du baccalauréat, qui démarre en mai pour les épreuves anticipées, sera un premier test grandeur nature. Les correcteurs seront formés, promet-on du côté de l’administration. Mais dans les salles de classe, beaucoup d’élèves ont déjà une question très simple : combien de fautes exactement avant de perdre ces fameux deux points ? La réponse tarde encore à venir.

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