Douma : élections sous contrôle en Russie
Les Russes sont appelés aux urnes à partir de ce vendredi pour renouveler la Douma, la chambre basse du Parlement. Un scrutin historique : c’est le premier depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022. Les bureaux de vote ont déjà ouvert en Extrême-Orient, où le décalage horaire impose un calendrier anticipé.
Une opposition réduite au silence
Mais l’élection se tient dans un contexte de répression massive. Iabloko, seul parti ouvertement opposé à la guerre en Ukraine, n’a tout simplement pas été autorisé à déposer sa liste. Résultat : les électeurs n’auront aucune option véritablement anticonformiste dans les urnes. Les quatre partis admis à concourir soutiennent tous, à des degrés divers, le Kremlin.
C’est une parodie démocratique.
Un observateur indépendant basé à Moscou résumait la situation sans détour : « Quand on interdit le seul parti contre la guerre, on ne peut plus parler d’élection libre. » Les sondages internes créditent Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, d’environ 40 % des intentions de vote — un chiffre contesté par les rares analystes indépendants encore en activité.
Avec 450 sièges à pourvoir, la Douma issue de ce scrutin sera-t-elle capable de la moindre indépendance face à l’exécutif ? Rien ne le laisse présager.
