Conseil d’État : Darmanin débouté sur la prison de Condé-sur-Sarthe

Le Conseil d’État a rejeté le recours introduit par Gérald Darmanin concernant les conditions de détention à la maison centrale de Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne. La décision, rendue cette semaine, confirme les ordonnances précédentes qui pointaient des manquements graves aux droits fondamentaux des détenus au sein de cet établissement de haute sécurité.

Une défaite judiciaire cinglante pour l’ancien ministre

Darmanin, qui occupait alors le poste de ministre de l’Intérieur, avait tenté de contester les injonctions prononcées contre l’État français. But le Conseil d’État n’a pas été convaincu par ses arguments. Les juges ont estimé que les conditions de détention documentées dans l’établissement — surpopulation, insalubrité, accès insuffisant aux soins — constituaient bien des traitements contraires à la dignité humaine, au sens de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme.

La prison de Condé-sur-Sarthe, construite en 2000, accueille environ 230 détenus, dont une part importante condamnés à de très longues peines. Elle a été le théâtre de plusieurs incidents graves ces dernières années, dont une attaque au couteau contre des surveillants en 2019.

Des conditions dénoncées depuis des années

Ce n’est pas la première fois que cet établissement se retrouve au cœur d’une controverse judiciaire. Des associations de défense des droits des détenus, comme l’Observatoire international des prisons, alertent depuis plusieurs années sur l’état des cellules, les délais d’accès aux soins psychiatriques et l’isolement prolongé de certains prisonniers.

« Les décisions de justice doivent être respectées, et l’État ne peut pas continuer à ignorer ses obligations fondamentales envers les personnes incarcérées », a déclaré un représentant d’une association de défense des droits en détention, joint par notre rédaction.

Yet l’administration pénitentiaire avait contesté point par point les constats effectués par les juridictions inférieures, arguant que des travaux d’amélioration avaient déjà été engagés et que la situation s’était sensiblement améliorée depuis les premières inspections.

L’État contraint d’agir sous peine d’astreinte

Avec ce rejet, l’État se trouve désormais dans l’obligation de prendre des mesures concrètes dans des délais contraints. Des astreintes financières pourraient s’appliquer en cas de non-respect des injonctions formulées par les tribunaux administratifs. On parle de sommes pouvant dépasser plusieurs milliers d’euros par jour de retard.

So la balle est dans le camp du gouvernement.

Cette affaire intervient dans un contexte plus large de crise profonde du système pénitentiaire français, où le taux d’occupation des prisons dépasse régulièrement 120 % à l’échelle nationale. Le ministère de la Justice devra présenter dans les prochaines semaines un calendrier précis des réformes envisagées pour Condé-sur-Sarthe, sous l’œil attentif des juridictions administratives et des défenseurs des droits humains.

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