Darmanin ordonne le réexamen de 70.000 plaintes classées

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé vendredi le réexamen de 70.000 plaintes classées sans suite, une décision prise après le meurtre de la jeune Lyhanna, 15 ans, tuée à Paris alors que sa famille avait déposé plusieurs plaintes restées sans réponse. Cette initiative a immédiatement suscité la colère de l’opposition, Manuel Bompard dénonçant de la „démagogie” pure.

Une réaction après un drame évitable

La mort de Lyhanna a révélé les failles du système judiciaire français. Sa mère avait déposé au moins trois plaintes concernant des menaces et du harcèlement avant le drame. Toutes sont restées sans traitement effectif. Le ministre a donc décidé d’ordonner un réexamen systématique de dizaines de milliers de plaintes similaires classées ces derniers mois.

„Chaque plainte mérite une attention sérieuse”, a déclaré un responsable du ministère de l’Intérieur, qui n’a pas précisé le calendrier exact de cette opération d’ampleur.

Bompard dénonce un „coup de com indécent”

Mais la réponse politique ne s’est pas fait attendre. Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a vivement critiqué cette annonce lors d’un passage sur BFM TV. Pour lui, il s’agit d’un „coup de communication indécent” qui ne règle en rien les problèmes structurels de la police et de la justice.

„C’est de la pure démagogie”, a-t-il martelé. „On nous annonce le réexamen de 70.000 dossiers alors qu’on n’a déjà pas les moyens de traiter correctement les plaintes actuelles. Où sont les effectifs? Où sont les budgets?” Le député des Bouches-du-Rhône pointe du doigt ce qu’il considère comme une „gesticulation” face à l’émotion suscitée par la mort de l’adolescente.

Un système judiciaire sous pression

Les chiffres donnent raison aux critiques sur un point: le système judiciaire français croule sous les dossiers. Selon les dernières statistiques disponibles, près de 30% des plaintes sont classées sans suite chaque année. Les services de police et de gendarmerie font face à une charge de travail croissante avec des effectifs qui ne suivent pas.

Yet le ministre maintient sa position. Cette initiative doit permettre d’identifier les failles dans le traitement des plaintes et d’éviter qu’un nouveau drame similaire ne se produise. Des consignes ont été données aux préfectures pour commencer ce travail de réexamen dès la semaine prochaine.

L’opposition promet de suivre de près la mise en œuvre concrète de cette mesure. Pour l’instant, aucun moyen supplémentaire n’a été annoncé pour mener à bien cette tâche colossale qui concerne 70.000 dossiers à travers tout le territoire.

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