Gabriel Attal plaide pour une loi de programmation scolaire sur cinq ans
Gabriel Attal a pris tout le monde de court. L’ancien Premier ministre, aujourd’hui chef de file des députés macronistes à l’Assemblée nationale, a lancé un appel fort en faveur d’une réforme structurelle de l’éducation nationale, réclamant à la fois une loi de programmation pluriannuelle et un ministre qui resterait en poste pendant toute la durée d’un quinquennat. Une double proposition qui tranche avec les habitudes bien ancrées de la Ve République.
Un constat d’instabilité chronique
Le problème est connu, mais rarement formulé avec autant de clarté par un responsable politique. Depuis 2017, pas moins de six ministres se sont succédé rue de Grenelle. Six. En à peine sept ans. Cette valse des portefeuilles a des conséquences directes sur la mise en œuvre des réformes, qui démarrent, s’arrêtent, repartent dans une autre direction selon les priorités du moment. Attal, qui a lui-même occupé le poste entre juillet 2023 et janvier 2024, sait mieux que quiconque à quelle vitesse les dossiers s’accumulent et combien il faut de temps avant de voir les effets d’une politique publique dans les classes.
Et c’est précisément ce temps qui manque, toujours.
Une loi de programmation : l’idée qui divise
Sur le fond, la proposition d’une loi de programmation pour l’école n’est pas nouvelle. Mais elle revient avec une force particulière dans un contexte où les résultats français aux évaluations internationales — PISA notamment — continuent de décevoir. En 2022, la France se classait en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE en compréhension de l’écrit. Un signal d’alarme que beaucoup ont commenté, mais que peu ont transformé en plan d’action cohérent sur le long terme.
« Il faut sortir l’école des logiques d’annonces à court terme », a déclaré un proche du dossier au ministère. Une loi de programmation fixerait des objectifs clairs, chiffrés, sur plusieurs années : taux d’élèves maîtrisant les fondamentaux en fin de primaire, recrutement et formation des enseignants, investissements dans le numérique éducatif. Le principe est simple. L’exécution, beaucoup moins.
Attal, un retour politique en douceur ?
Difficile de ne pas lire dans cette sortie médiatique une manœuvre politique soigneusement calibrée. Attal, 35 ans, reste l’une des figures les plus populaires de la macronie selon les sondages. Son passage à Matignon a été court — environ six mois — et s’est terminé dans la confusion post-dissolution. But il n’a visiblement pas dit son dernier mot. En se positionnant sur l’éducation, un sujet à la fois consensuel et structurant, il construit une image de sérieux et de continuité. Yet la question de ses ambitions futures reste entière.
So que retenir de tout cela ? L’idée d’une loi de programmation mérite le débat, sans aucun doute. Still, sans volonté politique réelle au sommet de l’État, et sans garantie que le prochain remaniement ne balayera pas les bonnes intentions, les annonces risquent de rester ce qu’elles sont trop souvent en France : des vœux pieux formulés entre deux crises gouvernementales.
